5 Whys

Le pourquoi des 5 Pourquoi

 

Lorsque j’entends parler d’innovation, le mot créativité me vient tout de suite à l’esprit et quoi de plus créatif que nos chères petites têtes blondes ?

Alors, tout comme pour la créativité, pourquoi ne pas aborder la résolution de problème à travers les yeux d’un enfant ?

Tom : Papa, pourquoi mon vélo ne marche plus ?

Papa : Parce que la chaîne est cassée Tom.

Tom : Papa, pourquoi la chaîne elle est cassée ?

Papa : Parce qu’elle a rouillé.

Tom : Pourquoi la chaîne elle a rouillé ?

Papa : Parce que je ne l’ai pas graissé Tom.

Tom : Pourquoi tu ne l’a pas graissé ?

Papa: …

 

Cette conversation ne vous rappelle rien ?

A moi si, une certaine méthode appelée 5 Pourquoi ou 5P ou encore 5 Whys.

Peu importe le nom que vous lui donnez, cette méthode peut paraître simple et naïve au premier abord, mais laissez-moi vous expliquer en quoi sa simplicité fait sa force.

La méthode des 5 Pourquoi permet d’identifier les causes fondamentales d’un problème afin de pouvoir proposer des solutions pertinentes et définitives.

 

Le principe est le suivant :

  1. Réunissez les personnes directement concernées par le problème, 
  2. Etablissez et rédigez clairement et synthétiquement la situation initiale du problème,
  3. Posez-vous alors la question “Pourquoi“, suivie de la situation initiale,  
  4. Répondez-y une première fois,
  5. Puis reposez-vous la question “Pourquoi” suivie de la nouvelle situation qui est la réponse au “Pourquoi” précédent et ainsi de suite.

Pour les matheux :

Formule 5M

 

Bien que le nom de la méthode contienne le chiffre 5, le nombre de “Pourquoi” peut être inférieur ou supérieur à 5, le but étant de retirer une à une les couches de symptômes du problème initial afin d’arriver à la cause racine du problème.

 

Cependant, il existe quelques petites règles à suivre.

Tout d’abord, comme nous l’avons évoqué précédemment, il est nécessaire de faire participer toutes les personnes en lien direct avec le problème.

Ensuite, il faut rester factuel et ne pas travailler par déduction. Il ne vous faudra évoquer que les causes sur lesquelles il vous est possible d’avoir le contrôle.

Enfin, il est possible de se baser sur d’autres outils comme le diagramme d’Ishikawa (arêtes de poisson) afin d’avoir un rendu plus visuel et de rendre la résolution encore plus pertinente. 

Geoffrey LESIMPLE

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Design Thinking

Découvrez la puissance du design thinking !

 

Dans un précédent article, Comment favoriser l’innovation au sein de votre entreprise, nous abordions les méthodes de développement de la créativité. Parmi elles, le design thinking qui, plus qu’une méthodologie, représente un état d’esprit, une façon d’appréhender les problématiques, de s’y confronter. Raison pour laquelle les deux expressions “Pensée Design” et “Esprit Design” ont été choisies comme traduction française.

Les présentations faites, notre propos porte désormais sur l’intégration de cette pratique dans votre entreprise.

Dans quelle mesure le design thinking se prête-t-il à différentes problématiques ? Comment le mettre à profit dans vos projets ?

 

Histoire du Design Thinking

Avant toute chose, revenons rapidement sur son histoire.

Développé par Rolf Faste dans les années 80 à l’Université de Stanford, à partir des travaux de Robert McKim, le design thinking est popularisé par l’agence de design IDEO dans les années 90. Cette approche, centrée sur l’humain, apporte les clés de la résolution des problèmes, issues des méthodes des designers.

Cette notion est d’autant plus importante que l’expérience vient supplanter toutes les autres problématiques. L’attention, et ainsi toutes les phases du projet, sont désormais portées sur la façon dont les utilisateurs finaux vont utiliser les produits, “ressentir” les services. C’est ainsi que Tim Brown commence son ouvrage L’Esprit Design par le projet du Great Western Railway, conçu par Isambard Kingdom Brunel dans la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, ce qu’il s’attache à souligner, c’est la façon avec laquelle Brunel envisage la conception du chemin de fer. Non pas d’un point de vue purement technique, comme le voudrait sa formation d’ingénieur, mais bel et bien avec une perspective de designer. “Flotter à travers la campagne” représentait l’objectif à atteindre : donner une expérience du transport hors du commun. Ses travaux s’articuleront autour de cette expérience afin qu’elle en soit l’initiatrice plus que le résultat.

 

Pour illustrer davantage ce principe, et l’ancrer dans notre quotidien, prenons l’exemple du caddie de supermarché des équipes IDEO. Réalisé en 1999, il représente sûrement le projet le plus connu pour présenter le design thinking. Afin de démontrer la démarche d’innovation de ce process dans le cadre de l’émission Nightline, l’agence IDEO propose de concevoir, en quatre jours, un modèle de caddie répondant aux problématiques suivantes :

  • maniabilité
  • comportement d’achat
  • sécurité pour les enfants
  • coût de maintenance

IDEO shopping cart

Outre la question du coût de maintenance, nous retrouvons la notion d’expérience. Ce nouvel objet ne doit pas être conçu uniquement pour contenir et transporter des produits, mais pour optimiser l’expérience d’achat des clients.
Pour ce faire, IDEO a convoqué une équipe pluridisciplinaire constituée d’ingénieurs, linguistes, experts marketing, psychologues, designers… Après un état des lieux des enjeux du projet, les profils réunis en équipe partent à la rencontre des clients pour mieux observer et comprendre les objectifs. Quelques prototypes plus tard, les idées sont présentées et un objet final élaboré, reprenant les points forts des propositions précédentes.

Observation, brainstorming, prototypage… autant d’étapes nécessaires pour concevoir un produit répondant aux trois points clés pour la mise sur le marché : rentabilité, faisabilité et besoins clients.

“Design thinking is a system that uses the designer’s sensibility and methods to match people’s needs with what is technologically feasible and what a viable business can convert into consumer value and market opportunity.”  – Tim Brown

« Le design thinking est une discipline utilisant la méthodologie et la sensibilité du designer pour accorder les besoins des clients avec ce qui est technologiquement faisable et financièrement viable dans une logique de création de valeur client et d’opportunité de marché. » – Tim Brown

Cette citation de Tim Brown permet de mieux percevoir l’importance de l’approche anthropologique, c’est-à-dire de l’ensemble des techniques qui vont vous donner l’opportunité de cerner vos clients et de discerner leurs besoins.

 

Outils du Design Thinking

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Que le processus se compose de 3, 5, 7 étapes, la démarche et l’intention sont similaires.

La posture initiale repose sur l’empathie, c’est-à-dire la capacité des équipes à se mettre dans la même situation que les clients / utilisateurs. Et ce afin de ressentir, percevoir, comprendre leurs attentes, leurs volontés et leurs besoins.

 

Nous reprendrons le schéma de Tim Brown (Agence IDEO) dans la mesure où il reprend les principales phases, à savoir :

  1. Inspiration : compréhension, observation, point de vue
  2. Idéation : création/échanges, prototype, test
  3. Implémentation : storytelling, pilote, business model

Ce que vous devez retenir de ce processus, c’est la capacité de vos équipes à adopter un comportement empathique, générer des idées, les prototyper et les tester pour enfin les implémenter une fois validées. Cette dernière validation n’est que temporaire puisqu’il s’agit d’une méthode itérative de co-création, permettant une optimisation continue de vos produits et services.

A disposition de vos équipes, de nombreuses méthodes existent, basées sur l’observation et les interviews. En voici quelques exemples :

  • Customer Journey Maps, ou Parcours clients
    Par le biais d’insights clients, d’interviews ou de simples observations, il s’agit ici d’identifier les points de contact, réels ou potentiels, de vos clients à votre marque (site internet, lieu physique…). L’enjeu réside dans l’identification de vos équipes aux clients afin de renforcer l’empathie.
  • Utilisateurs extrêmes
    Ces utilisateurs ne correspondent pas à vos clients. Ils sortent du périmètre de vos cibles potentielles. Il peut s’agir d’enfants dans le cas d’une étude sur les comportements d’achat dans les supermarchés.
    Le principe repose sur l’analyse des comportements, la détection des contournements, pour mieux comprendre les limites et besoins des utilisateurs.
  • Persona
    Au contraire, les personas vous donneront l’occasion de synthétiser vos recherches et observations dans un personnage clé. Les détails ne seront pas intégrés dans ce profil afin de dresser un portrait clair du “client type”.

 

Nous n’en citons que trois mais vous pouvez retrouver l’ensemble de ces méthodes, notamment issues des cours dispensés à la d.school de l’Université de Stanford.

Ces boîtes à outils sont intéressantes dans la mesure où elles vous donnent des lignes directrices pour la mise en place de vos ateliers. Libre à vous toutefois d’explorer d’autres techniques qui correspondraient davantage à votre secteur d’activité.

C’est le cas de Joe Gebbia, co-fondateur et CPO d’Airbnb, qui, designer de formation, a su ré-intégrer ces notions pour mieux les mettre à profit lors de l’apparition de problématiques business.

 

Etude de cas : Airbnb

airbnb-2

Airbnb est désormais bien connu comme l’alternative pour la réservation de logements entre particuliers. Toutefois, peu de temps après son lancement en 2008, la start up n’arrivait pas à faire décoller son chiffre d’affaires, plafonné à 200$ par semaine.

Joe Gebbia s’est empreint de “l’esprit design” en s’immisçant dans la peau de ses clients potentiels. En analysant son produit avec un regard “neutre”, dénué de toute connaissance du marché, en tant que simple utilisateur, il a perçu la faiblesse des photos, ne mettant pas en valeur les biens immobiliers et ainsi les transactions sur sa plateforme. En doublant son chiffre d’affaires hebdomadaire, Joe Gebbia a prouvé la pertinence de l’approche au sein de la start up et a pu officialiser le concept “Being a patient”.

Cette expression fait référence au domaine médical, utilisé comme exemple par Joe Gebbia lors de ses interventions sur le sujet. De par son caractère extrême, il démontre l’importance de l’empathie et la force de sa démarche.

C’est la raison pour laquelle il instaure au sein d’Airbnb un voyage d’une semaine aux nouveaux collaborateurs, afin qu’ils commencent un travail d’analyse sur le produit avec un regard neutre. Ils sont invités à documenter le voyage, répondre à des questions, établir une liste de retours et de commentaires.
Dans ce contexte, un des nouveaux collaborateurs a proposé à la start up de remplacer “l’étoile” de notation par un “coeur”. Cette optimisation a augmenté le taux d’engagement de 30%.

 

Conclusion

Le design thinking s’inscrit dans une démarche de management de l’innovation, via une perspective de résolution des problèmes.

De ce fait, cette approche peut intervenir lors de la conception de vos projets innovants, mais de manière plus générale doit faire partie de votre culture d’entreprise.

L’empathie vous rapprochera de vos clients et favorisera l’émergence d’idées nouvelles, qui feront l’occasion de tests après prototypage et mise sur le marché. Et cela suivant le principe clé du design thinking : “Fail often to succeed sooner”. (« Echouez souvent pour réussir plus rapidement »)

Pour autant, certains affirment que le design thinking ne saurait engendrer d’innovation de rupture. Leur argument : cette méthode ne porte que sur des produits existants, analysés via le prisme des clients. C’est notamment le point de vue de Bruce Nussbaum, Professeur d’Innovation et de Design à Parsons School of Design.

Pauline Zerbib

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Comment favoriser l'innovation au sein de votre entreprise ?

L’innovation représente un des vecteurs majeurs pour une entreprise de se distinguer sur un marché économique plus que concurrentiel. Nous ne nous étonnerons donc pas que tous les grands groupes, d’Orange à Areva en passant par Pernod-Ricard, disposent de leur département « innovation ».

En revanche, là où nous pouvons nous arrêter un instant, c’est sur la stratégie d’innovation de ces groupes. C’est-à-dire leur positionnement, leurs actions et leurs ambitions pour atteindre ce marché.

Qu’il s’agisse de la constitution d’une équipe dédiée au sein de l’entreprise ou du rapprochement avec des startups, l’enjeu se situe davantage sur la mise en place d’une véritable culture d’entreprise autour de l’innovation. En effet c’est bien la culture d’entreprise qui engendrera des résultats positifs quant à la démarche d’innovation.

Comment devez-vous adapter la culture d’entreprise pour y intégrer toutes les composantes nécessaires aux projets d’innovation ? Quelles sont les méthodes de développement de la créativité ?

 

1. Innovation & culture d’entreprise

Fédérer vos équipes autour des valeurs liées à l’innovation représente le premier objectif à atteindre. Au-delà des postes et responsabilités, chaque salarié se doit d’être impliqué dans une culture plus globale, transverse à son propre rôle, celle de l’entreprise.

Il ne s’agit plus de s’investir dans une entreprise sur un poste de Chef produit ou d’Ingénieur, mais bien de participer à l’effort collectif pour développer des innovations. Et ce, afin que l’entreprise se distingue sur son marché.

Deux clés sont nécessaires dans cette démarche : la connaissance et l’intelligence collective.

L’intelligence collective part du postulat que nous sommes plus “intelligents” en groupe que seul. C’est ainsi que la création de communautés au sein de l’entreprise devient indispensable. Par communautés, nous entendons des groupes d’individus rassemblés autour de valeurs ou d’intérêts communs. L’enjeu principal se porte ainsi sur l’animation de ces communautés, aussi bien dans la sphère virtuelle que réelle.

 

Big idea

 

La sphère virtuelle pourra être matérialisée par un réseau social d’entreprise dédié à l’innovation, où chaque collaborateur sera invité à :

  • participer à des forums de discussion sur des problématiques identifiées,

  • partager sa veille (technologique, concurrentielle, client, tendancielle… )

  • se tenir informé de la vie de l’entreprise mais également de celle de son secteur d’activité.

 

Le réseau visera prioritairement à tisser des liens au sein du groupe, mélanger les employés – au-delà de leurs projets ou de leurs métiers – générer des interactions, faire émerger des idées mais surtout des envies.

Un des principaux avantages de ce support réside dans son caractère numérique puisqu’il pourra s’intégrer facilement dans le planning de chacun et fonctionner sans limite géographique.

Toutefois, le réseau social dédié à l’innovation ne représente qu’un outil dans l’approche globale. Accompagné d’évènements en présentiel, de groupes de travail, de réunions formelles, la cohésion ainsi que l’implication des collaborateurs ne pourront être qu’amplifiées.

Les thématiques abordées pourront être à l’initiative des collaborateurs, bien qu’orientées par un “chef d’orchestre” pour aider aux développements des idées mais aussi pour les canaliser.

Cette démarche s’inspire largement de l’innovation time off de Google, également connu comme les “20%”. En accordant l’équivalent d’une journée complète de travail par semaine dédiée à des projets personnels (bien qu’en lien avec l’activité de l’entreprise), Google fait appel à la motivation intrinsèque de ses employés. Celle qui permettra à vos collaborateurs d’être plus créatifs et plus motivés.

Revenons un instant sur cette notion de motivation intrinsèque, qui vous permettra de mieux élaborer les techniques d’animation de communauté. Théorie fondée par Edward Deci en 1975 puis reprise par Richard Ryan quelques années plus tard, elle repose sur le tryptique “autonomie-compétence-affiliation” :

  • l’autonomie répondant aux besoins du collaborateur de se sentir libre dans ses réalisations,

  • les compétences faisant appel à la satisfaction d’être perçu comme expert de son domaine,

  • l’affiliation nous ramenant à la définition de l’homme comme “animal social”, en quête de connexions, d’interactions, de liens sociaux.

Ainsi, il paraît clair que la constitution de communautés fait écho à la propagation d’une culture de l’innovation.

Et pour enrichir davantage cette culture, vous devez franchir une nouvelle étape : développer la créativité de vos équipes.

 

2. “Everyone Is Creative” (Michael Atavar)

Happy child playing outdoors

Michael Atavar n’est pas le seul à l’affirmer : “Everyone Is Creative”.

En somme, une chose est sûre : tout un chacun est en mesure d’apporter des solutions à des problèmes complexes. Pour ce faire, nous vous avons collecté quelques pistes. Vous devez :

  • sensibiliser vos collaborateurs à la pensée créative

  • favoriser les interactions entre équipes pluridisciplinaires

  • replacer l’humain au centre de tout problème

 

La pensée créative

Entraînez vos esprits, votre cerveau, comme vous le feriez avec votre propre corps. Il s’agit sûrement du premier conseil à donner à quiconque souhaite se lancer sur le sujet !

De simples exercices permettront à votre cerveau de prendre le pli, de se débloquer, de se sentir libre “d’actions et de mouvements”. De ce fait, ces entraînements annihileront toute angoisse de la mauvaise idée. Il peut être même de bon ton de commencer par les mauvaises idées, celles qui nous font honte et nous poussent à refouler tout au fond de notre conscience la moindre idée. En commençant par les mauvaises, nous arrivons à un double bénéfice :

  • créer un esprit d’équipe, une cohésion de groupe, un “lien” émotionnel entre l’ensemble des participants à la session, et ce dans la mesure où nous ôtons tout affect aux propositions émises,

  • générer les “bonnes idées”, si nous nous reportons à l’adage selon lequel les bonnes idées découleraient des mauvaises.

 

Voici quelques exemples de méthodes créatives :

  • Brainstorming : animé par un collaborateur “neutre” en charge d’orchestrer la réunion mais également de prendre des notes, cet atelier de créativité permet aux participants de lancer et de rebondir sur les idées de chacun, en naviguant d’une idée à l’autre avec pour objectif d’aboutir à la solution.
    La carte heuristique (mind mapping) est une des méthodes de représentation visuelle des idées lors d’une séance de brainstorming.

  • Brainwriting : contrairement au brainstorming qui s’organise autour de la parole, le brainwriting – comme son nom l’indique – fonctionne en notant ses idées sur un support. Le principe consiste à échanger les notes de chaque participant afin d’élaborer les idées de chacun.

  • 5 Why’s : cette méthode s’appuie sur un besoin, un problème précis et identifié.

    Pourquoi le client A nous a-t-il remonté ce problème ?
    De cette 1ère question, élaborée à partir d’une analyse existante, vont s’ensuivre 5 questions cherchant à comprendre “pourquoi” : Pourquoi le client a-t-il exprimé un mécontentement ? Parce qu’il a reçu son colis avec 6 jours de retard.Pourquoi le colis est-il arrivé avec 6 jours de retard ? Parce que le système d’information n’a pas remonté la notification de réception du colis à expédier ? Pourquoi le système d’information n’a-t-il pas remonté la notification ? etc.

 

De manière générale, ces séances visent à se servir de l’intelligence collective pour aboutir à une solution que nous n’aurions pu trouver seul.

Et c’est bien là la force de la pluridisciplinarité : aborder une question sous différents axes.

Un ingénieur n’envisagera pas un problème du même angle qu’un marketeur ou qu’un designer. En confrontant vos équipes, vous obtiendrez une vue complète d’un même objet. C’est ainsi que vous vous rapprocherez plus facilement de vos clients finaux. En multipliant les points de vue, vous forcerez vos équipes à considérer non seulement les approches liées à leurs disciplines mais aussi à celles de leurs collègues et plus généralement à réfléchir sur leur cible.

 

L’utilisateur au centre des réflexions

Au-delà même des méthodes et techniques propices au développement de la créativité, il est indispensable d’adopter une posture spécifique. Celle où nous concevons des produits / services pour un client. C’est dans cette perspective que le design thinking peut se définir : pour innover, il ne s’agit pas de créer un objet de rupture mais d’imaginer le produit adapté aux besoins des utilisateurs.

Le process se développe en plusieurs phases, suivant son théoricien. Nous nous fixerons sur celui défini par Tim Brown (CEO d’IDEO) :

  • L’inspiration, correspondant aux besoins identifiés,

  • L’idéation, ou le processus de génération et de mise en place des idées pour répondre à la problématique,

  • L’implémentation, dès lors que le projet sera prêt à être lancé sur le marché.

Les spécificités du design thinking portent sur deux points :

  • l’approche anthropologique, où l’humain représente le centre de toutes les attentions. Les différents outils mis à disposition révèlent fondamentalement cette approche : personas, empathy map, safaris, customer journey map, paper prototyping… sont autant d’outils permettant de mieux comprendre l’utilisateur, ses habitudes, ses ambitions, ses envies. Et ce afin de s’adapter à son quotidien, s’immiscer dans sa vie et lui proposer le produit qui répondra à ses attentes, bien que ces dernières ne soient pas explicitement formulées.

  • la démarche itérative et le recours au prototypage, c’est-à-dire l’abandon de la méthode de gestion classique. Il s’agit ici d’échanger avec les utilisateurs finaux, d’élaborer des idées, les tester et toujours optimiser les produits.
    C’est la raison pour laquelle cette démarche est bien souvent caractérisée de “process de co-création”, les utilisateurs finaux étant intégrés dans la réflexion.

Les premiers prototypes du design thinking ne sont pas nécessairement les plus élaborés. Ils peuvent s’exprimer par des post-its ou des croquis, afin de projeter les concepteurs dans l’utilisation réelle du produit, même si celui-ci n’est qu’à son état le plus simple.

 

Les fablabs

Une fois les étapes préliminaires de conception abouties, direction les fablabs !

Ces espaces – littéralement laboratoires de fabrication – mettent à la disposition de tout un chacun des outils permettant le prototypage des produits. Et ce afin de créer une version bêta du produit. Ces espaces, inspirés des concepts d’open source, cherchent à proposer des services dans un environnement d’ouverture et de collaboration.

Fablab

Fablab

Collaboration, interactions, émulation, tests… autant d’étapes et de clés mettant en marche le processus créatif par lequel vos collaborateurs devront passer pour adopter une démarche d’innovation.

 

Quand il s’agit d’aborder ces méthodes, nombre de techniques peuvent être présentées. Toutes répondant dans leurs grandes lignes à l’envie et à la nécessité des entreprises de se positionner sur des projets innovants.

Pauline Zerbib

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4-points-clés-pour-booster-l'innovation

4 points clés pour booster l'innovation dans votre entreprise

 

Aujourd’hui, innover pour une entreprise, c’est se donner les moyens de faire face à une concurrence toujours plus étendue et de pérenniser son activité. En somme, innover c’est survivre et pour innover, on a besoin d’idées !

Puisqu’on est tous capable d’avoir de bonnes idées – cf notre article Nous sommes tous des descendants de créatifs, innovateurs en puissance – chaque collaborateur peut contribuer à l’innovation au sein de son entreprise.

 

1. Instaurer un climat de confiance

En matière d’innovation, il est primordial d’instaurer un climat de confiance afin de stimuler la créativité et de favoriser l’émergence d’idées.

La hiérarchie doit s’assurer du respect de valeurs essentielles à l’épanouissement de la culture d’innovation. L’objectif est de faire tomber les barrières qui sont un frein à la créativité.

En premier lieu, il est nécessaire de garantir le droit à l’écoute et au respect des idées émises. Les collaborateurs doivent être assurés de pouvoir s’exprimer librement, sans que leurs idées soient jugées.

“Une idée neuve est délicate. Elle peut être tuée par un ricanement ou un baillement, être poignardée par une moquerie et mourir d’inquiétude à cause d’un froncement de sourcil de la bonne personne.” Ovide

Le droit à l’erreur doit également être reconnu. Les échecs doivent être considérés comme des étapes dans le processus d’innovation. Ils permettent d’apprendre, de se remettre en question et d’avancer vers d’autres idées.

“Une personne qui n’a jamais commis d’erreur n’a jamais tenté d’innover.” Albert Einstein

 

2. Garantir une communication ouverte et le partage des connaissances

“Dans l’histoire de la vie humaine (et animale), ceux qui ont appris à collaborer et à improviser le plus efficacement sont toujours ceux qui ont prévalu.” Charles Darwin

L’échange d’informations, d’expertises et la collaboration participent à la génération et à la construction des idées en enrichissant les réflexions.

Les flux d’informations doivent être les plus ouverts possibles, que ce soit en interne ou en externe.

Au sein même de l’organisation, une communication transverse est la plus à même de garantir la diffusion optimale des informations qu’elles soient internes avec l’échange d’expertises ou externes avec le partage des veilles de chacun.

Les plates-formes collaboratives sont des outils performants pour partager l’information en interne et l’enrichir grâce aux échanges des salariés. Elles permettent également de capitaliser les connaissances, les idées et les expertises des collaborateurs.

 

3. Jouer !

“L’imagination est plus importante que le savoir, car si le savoir concerne tout ce qui existe, l’imagination concerne tout ce qui existera.” Albert Einstein

La créativité est une capacité mentale qui s’entretient et se développe. Et quoi de mieux pour s’entraîner que de jouer !

En effet, jouer n’est pas réservé aux enfants, c’est aussi un excellent moyen de développer l’imagination et de stimuler la créativité des adultes ! Le jeu favorise le lâcher-prise et l’ouverture d’esprit propices à la génération de nouvelles idées.

Oubliez tout ce que vous savez et laissez-vous porter par votre imagination !

Il existe différents types de jeux permettant de stimuler la créativité :

  • les jeux de construction permettent une approche manuelle et concrète. Lego a par exemple lancé LEGO® SERIOUS PLAY®, un jeu sérieux (serious game) où les participants réfléchissent et élaborent des modèles en 3D à partir de Lego en réponse à des problématiques données.

Lego serious play

 

 4. Evoluer dans un environnement de travail stimulant

Human Spaces report

L’environnement de travail dans lequel on évolue joue un rôle important sur notre capacité à travailler et à créer.

Le rapport Human Spaces s’intéresse au design biophilique et étudie les conditions les plus favorables à l’épanouissement des salariés, ayant un effet bénéfique sur leur productivité, leur motivation et leur créativité.

Il ressort de cette étude que la présence d’éléments naturels comme la lumière naturelle et les plantes vivantes augmente de 15% la créativité des salariés. En outre, les couleurs vives des locaux ont tendance à stimuler l’inspiration et l’imagination. Dans les couleurs les plus plébiscitées, on note le jaune, le vert ou encore le bleu.

Plus particulièrement en France, les éléments mis en avant pour garantir le bien-être de ses salariés sont la présence d’éléments en bois et de structures construites de la main de l’homme.

En plus de stimuler la créativité, l’application de ces quelques conseils permet de motiver et d’engager les collaborateurs dans une démarche durable d’innovation.

Claire Rousseau

 

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