Gamestorming : comment jouer pour innover ?

L’innovation est un concept vague que l’on peut appréhender de manière triviale comme le fait de créer ou de faire quelque chose de nouveau, qui n’a jamais été réalisé auparavant. Pour atteindre un tel objectif, l’on peut s’appuyer sur différentes méthodes de génération d’idées. Parmi les plus connues, on ne peut ne pas citer le brainstorming, lequel demeure jusqu’à aujourd’hui le moyen le plus puissant pour collecter le maximum d’idées en un minimum de temps. Son efficacité a déjà été éprouvée à l’occasion de son application dans divers domaines et aussi dans de nombreuses entreprises. Toutefois, on ne peut pas nier le fait que cette méthode rencontre certaines limites !

C’est la raison pour laquelle l’on doit toujours chercher à la combiner avec d’autres techniques ou du moins l’enrichir afin d’avoir des résultats encore plus probants. Dans cet article, nous allons donc vous parler d’une méthode dérivée du brainstorming, qui partage le même principe, mais diffère en ce qui concerne les techniques adoptées. On parle notamment ici du Gamestorming, un concept que l’on peut qualifier de récent, mais qui a tout de même déjà fait ses preuves.

 

Le Gamestorming en quelques mots

À noter que la culture gamestorming est apparue dans les années 1970 dans la Silicon Valley.

Comme son nom le laisse clairement entendre, le gamestorming nous vient de deux mots différents : « game » et « storming ». Le premier, comme vous le savez déjà certainement, fait référence au jeu. Le terme « storming » fait quant à lui référence à la prise d’assaut d’une position militaire par un commando ou un ensemble de combattants.

De façon simpliste, on peut appréhender le gamestorming comme l’application des codes du jeu aux techniques du brainstorming ou encore le brainstorming par le jeu.
En effet, cette méthode permet de booster davantage la créativité et la génération de nouvelles idées en changeant tout simplement les règles régissant les interactions. Bien évidemment, quelques accessoires sont nécessaires dans la mise en œuvre du gamestorming.

 

Focus sur le livre « Gamestorming, Jouer pour innover »

Le livre intitulé « Gamestorming, Jouer pour innover » énonce les principes du gamestorming et évoque les démarches à suivre pour son application.

Dans cet ouvrage écrit par Dave Gray, James Macanufo et Sunni Brown, vous pouvez accéder à plus de 80 jeux de gamestorming. Ils s’accompagnent d’explications détaillées et s’illustrent même de dessins et croquis, ce qui vous permettra de mieux comprendre les démarches du gamestorming et trouver ainsi facilement solutions aux problèmes auxquels vous êtes confrontés.

Parmi les avantages du gamestorming que ce livre met en avant, on peut citer les éléments suivants :

  • Des solutions pour les conflits
  • L’amélioration de l’engagement grâce aux jeux d’équipe
  • Identification rapide des sources des problèmes et des solutions correspondantes
  • Amélioration de l’efficacité des réunions
  • Transformation du travail collaboratif
  • Amélioration de la compréhension des attentes des clients grâce aux jeux de rôle
  • Génération de nouvelles idées

 

Les différentes techniques de créativité du gamestorming

Le gamestorming est avant tout un concept. Autrement dit, on ne peut pas l’appliquer en tant que tel. Il existe de nombreuses techniques de gamestorming, dont les plus connues sont les suivantes :

 

L’anti-problème

Il s’agit d’un jeu qui consiste à retourner le problème auquel on est confronté afin de mieux le résoudre. Pour ce faire, les participants doivent se focaliser sur les solutions applicables à l’anti-problème. Le but recherché est de trouver des idées de solution qui peuvent s’appliquer au problème initial.

 

Le Fishbowl

C’est un jeu simple qui met en scène deux cercles de différentes tailles dans lesquels les participants sont répartis. Ceux qui se trouveront dans le petit cercle s’adonneront à une séance de brainstorming afin de s’échanger des idées. Les participants placés dans le grand cercle se limiteront en revanche à observer et à prendre des notes.

 

Le feu de camp

Comme son nom le laisse deviner, cette technique met les participants dans la même situation que lors d’un feu de camp. Le but est ici de les inciter à raconter une histoire, mais pas n’importe laquelle. L’histoire en question doit suivre un certain ordre de mots clés que les participants ont listé à l’occasion d’un brainstorming.

 

Le Mood Board

Cette technique est utilisée quand on souhaite connaître l’état d’avancement d’un projet. Comme son nom l’indique, elle consiste en un tableau d’humeur où les participants devront développer un concept et réaliser une première version de la solution.

 

L’Esprit, Main, Cœur

Le but est ici d’analyser le sujet sous différents angles. Cela part de trois concepts : l’Esprit qui permettra de déterminer la logique ou le sens que l’on souhaite offrir au projet ; la Main qui permettra de se faire une idée sur l’applicabilité du concept ; le Cœur qui permettra de susciter de l’émotion à partir de la nouvelle idée.

 

La carte d’empathie

Cette méthode vise à cerner le profil d’un client et de savoir quel utilisateur sera plus intéressé par le produit que l’on vend. La focalisation des attentions sur « l’individu » est ici la règle et les participants vont être invités à analyser les caractéristiques d’une personne en particulier. Et comme on parle ici d’empathie, il faut savoir se mettre à la place du personnage que l’on souhaite étudier.

 

Le hors-bord

L’objectif de ce jeu est de savoir si votre produit ou votre offre correspond à ce que les clients recherchent. Pour cela, il faudra mettre l’accent sur les points négatifs du produit afin de valoriser ensuite les points d’amélioration. Ici, il faudra faire attention puisque le but n’est pas de résoudre les problèmes, mais plutôt de les décrire.

 

En plus d’être ludique, le gamestorming est un excellent outil pour innover. Il suffit de l’appliquer dans les normes et pour cela, vous avez besoin du livre précité, lequel vous détaillera les démarches à suivre et les types de jeux à faire en fonction du problème qui se pose.

Eddy Andriamanalina

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Design d’Expérience : offrez à vos clients l'expérience qu'ils attendent !

 

Dans un monde d’innovation permanente, il existe désormais pléthore de solutions pour certaines problématiques. Mais pour se démarquer de la concurrence, il ne suffit plus d’avoir le plus beau produit ou le plus rapide et efficace ; ce qui permettra à votre produit de sortir du lot durablement est l’expérience globale qui est proposée au consommateur. Le rapport rentabilité VS maniabilité. C’est le design d’expérience.

 

De l’expérience utilisateur au design d’expérience

Design d'experience

Source : UX Republic

Le design d’expérience peut se définir brièvement comme la conception orientée vers l’expérience de l’utilisateur. Pour comprendre ce concept, le mieux est d’expliquer ce qu’est l’expérience utilisateur.

Ce terme a commencé à être utilisé notamment dans les années 2000, avec l’essor du web 2.0 et du marketing digital. L’objectif est de concevoir un site, une plateforme ou une application web en tenant compte des attentes des utilisateurs, voire en anticipant la manière dont les consommateurs vont naviguer sur le site, interagir ou réagir à ses fonctionnalités et à son apparence.

L’attitude de l’utilisateur et son sentiment vis-à-vis du produit utilisé constitue donc l’expérience utilisateur ou User Experience (UX) en anglais, en complément de l’User Interface (UI), discipline se concentrant sur l’interface utilisateur, c’est-à-dire comment la plateforme sera conçue pour être vue, comprise et utilisée par l’utilisateur : le design -le rendu visuel- tout simplement.

En effet, là où l’UI s’intéresse au coté technique et logique ou à l’apparence graphique, l’UX va plus loin que de simples algorithmes en y agrégeant des valeurs plus abstraites, qui sont souvent appréciées et mesurées après coup, avec les outils du marketing digital.

Pour un service ou une application web notamment, l’expérience utilisateur peut s’évaluer autour de la facilité d’utilisation, l’attractivité du design, la crédibilité des contenus (pour la confiance apportée à l’utilisateur), l’efficience, l’engagement de l’utilisateur ou encore le référencement sur Internet.

 

UX superposé au Design Thinking

Comme nous l’avons expliqué en long et en large dans nos précédents billets, une innovation qui rapporte de nos jours s’appuie sur des concepts et des méthodologies éprouvées avec comme base le Design Thinking. Les fondamentaux du design thinking définissent qu’un produit soit conçu en accordant les besoins des clients, la technologie disponible et la viabilité financière tout en créant de la valeur et en saisissant les opportunités du marché.

Ensuite, partant du design thinking et en mettant plus le curseur soit au niveau de l’environnement économique, soit au niveau du produit, voire en le recentrant sur l’humain, on donne alors naissance au design circulaire, au Product Thinking ou encore au Human Thinking. Chacune de ces variantes pouvant s’adapter en fonction du marché et de l’industrie à différentes innovations.

UX vs Design
Source : Thuria

Le Design d’expérience est dans la même veine, en conservant la même logique du design thinking et en pensant essentiellement et avant tout expérience utilisateur ! La conception est faite en mettant en avant l’User Experience. C’est une stratégie plus large, plus proactive, nécessitant de la vision et de l’anticipation, mais aussi capable de se réadapter pour rendre l’expérience utilisateur toujours plus parfaite.

 

Le Design d’Experience en trois exemples

Dans les présentations, les publicités ou les campagnes marketing, le nouveau mot à la mode est Expérience : Voyage, restauration, bien-être, mode, les marques parlent maintenant d’expérience… C’est pour cela que concevoir en pensant à l’expérience apportée devient plus que jamais primordial. Pour comprendre le design d’expérience, prenons trois exemples concrets souvent cités, dans différents secteurs :

UX HeinzHeinz, numéro un du ketchup, devenu populaire dans le monde entier grâce à sa bouteille transparente depuis plus de 100 ans a su se réinventer en observant et écoutant ses utilisateurs. En effet, après avoir contribué à tacher des millions de nappes de table et de vêtements quand les gens tentaient de récupérer le fond du ketchup de la bouteille, la marque a dévoilé au début des années 2000 la fameuse bouteille en plastique  » tête en bas ». Utilisant la technologie alors à disposition pour fabriquer ce plastique « pressable », la marque a conçu ce nouveau format en pensant « expérience du consommateur ». Du coup, assaisonner ses frites n’a jamais été aussi pratique et plaisant.
Heinz a accepté d’apporter du changement dans le format de son produit pour rendre l’expérience utilisateur meilleure.

 

Starbucks : Si la marque américaine de salon de café est tant appréciée, ce n’est pas tant grâce à la qualité de son café (on ne va pas polémiquer !), mais plutôt à l’expérience offerte dans ses salons de café. Très rapidement, Howard Schulz, CEO de la marque et innovateur, se concentre sur l’expérience apportée par la marque autour du produit initial – le café -, en définissant le « troisième lieu » où le consommateur se rendrait en dehors de la maison et du bureau. On va dans un Starbucks, pour décompresser, lire, travailler, rencontrer des amis, jouer, etc.

UX Starbucks

En intégrant des services annexes gratuits en plus de la tasse de café vendue, Starbucks a plus que réussi son design d’expérience.

 

Airbnb : comme pas mal de startups des années 2000 proposant des plateformes communautaires connectant des particuliers entre eux, le site américain table avant tout sur l’expérience. Louer une chambre chez l’habitant, oui, mais surtout vivre l’expérience de partager avec ce dernier le petit déjeuner, les souvenirs de voyages, les intérêts culturels, la découverte des habitudes locales, etc. Le client du site paie bien sûr les services d’Airbnb mais la plateforme est conçue de sorte à prendre en compte l’expérience client.

UX Airbnb

Ainsi, comme le dit une des campagnes du site, avec Airbnb, n’allez pas juste là-bas, vivez là-bas!

 

Le design d’expérience comme méthode l’innovation

Concevoir avec la méthode du Design d’expérience, c’est rendre votre produit désirable, en plus de le rendre utile. C’est aussi apporter une expérience unique pour chaque consommateur, une expérience qui se raconte et qui se partage pendant ou après avoir utilisé votre produit ou service, une expérience qui ne sera jamais vécu de la même manière par chaque individu.

Design d'experience innovation

Le leitmotiv du design d’expérience est de comprendre le consommateur, ses envies et ses objectifs dans le but de rendre le produit potentiellement désirable. On parle aussi d’affordance ; un anglicisme qui peut se traduire par « potentialité » signifiant la capacité d’un produit à suggérer son utilisation et son utilité.
Pour réussir à concevoir l’expérience utilisateur, il ne faut pas seulement faire appel aux techniques d’études du marketing. Un certain nombre de points sont à valider dans la stratégie de conception, entre autres :

  • Simplicité et accessibilité : pour cela il faut faire preuve d’empathie en partant des besoins, des frustrations voire des recommandations de l’utilisateur
  • Utilité et durabilité : le produit est fonctionnel, efficace et utilisable dans le temps
  • Interaction et maniabilité : on parle d’ergonomie et de facilité d’utilisation pour rendre l’expérience agréable et pratique
  • Déclencheur d’émotions : en plus de son rôle initial, le produit procure de réelles émotions humaines, touche les sens, crée un point d’ancrage
  • Crédibilité et Importance : on peut parler aussi de perception (statut, qualité, sens du produit pour les consommateurs, etc.)

 

Enfin, comme nous l’avons signifié plus haut, appliquer un design d’expérience consiste aussi à utiliser différents outils du design thinking, ainsi que des outils faisant appel à l’utilisateur (interview, sondages, plateforme collaborative et idéation, etc.) ou à penser comme un utilisateur (scénarios d’utilisation, design sprint, etc.) avant de développer le produit ; et tout en gardant l’utilisateur impliqué dans l’amélioration et l’évaluation de ce produit.

Niko Nado

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Kano Model

Le modèle de Kano : vos clients sont-ils satisfaits de vos produits/services ?

 

« Le client est roi ! » Voici une expression que l’on a tendance à entendre et qui est essentielle à prendre en compte dans la démarche de fidélisation. Toutes les entreprises sont de nos jours conscientes de ce fait et orientent leurs stratégies marketing à cette fin. Cela dit, force est de constater qu’il n’est pas toujours facile de satisfaire ses clients. Comme leurs besoins et attentes sont très variés, il est parfois difficile de les déterminer. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de les anticiper et de mettre en place un dispositif performant pour mesurer la satisfaction des clients.
C’est précisément de cela que nous allons discuter dans cet article. Nous allons vous parler du modèle de Kano, un outil de conception que l’on utilise souvent pour évaluer la satisfaction client ou un produit, ainsi que de comprendre et anticiper les besoins des utilisateurs afin de concevoir un nouveau produit ou service.

 

Modèle de Kano : de quoi s’agit-il exactement ?

Noriaki Kano
Source : http://www.uxness.in/

Le modèle de Kano a été inventé en 1984 par le Dr Noriaki Kano, professeur japonais et consultant en management de la qualité.

Comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, le modèle de Kano est une méthode qui offre la possibilité aux entreprises de mesurer la satisfaction client, de comprendre leurs attentes et besoins et d’évaluer les performances d’un produit.

Le modèle se base sur le principe qu’une caractéristique du produit/service qui entraîne la satisfaction du client n’entraîne pas forcément d’insatisfaction du client en cas d’absence de cette caractéristique.

 

Quels sont ses objectifs ?

Le modèle de Kano est une méthode permettant avant tout d’évaluer la satisfaction client. Cette évaluation se fait à partir de différents points. Elle se porte avant tout sur les attentes des clients et se base sur le niveau de satisfaction associé.

Cela dit, cet outil peut également être étendu et utilisé pour évaluer des produits. Ici, le point sera plutôt mis sur le niveau d’innovation des produits en question. Le modèle permettra donc de savoir si des caractéristiques innovantes peuvent séduire les clients. Ce qui permet, d’une certaine manière, de tester d’avance la réponse à des besoins et attentes des utilisateurs.

 

Le principe du modèle de Kano

La méthode du Dr Noriaki Kano repose sur la simplicité et le recours aux utilisateurs.
Dans sa démarche, le modèle de Kano cherche à mettre en relation la satisfaction des exigences et la satisfaction client. Pour ce faire, il propose de faire la distinction entre 3 principaux types d’exigences :

  • Les exigences obligatoires dites basiques : comme leur nom le laisse clairement entendre, ce sont les exigences dont on ne peut pas se passer. Certes les clients peuvent ne pas les remarquer ; toutefois, elles sont essentielles au fonctionnement du produit et doivent être présentes pour assurer la satisfaction du client.
  • Les exigences exprimées dites de performance : ici, les besoins et attentes des clients sont clairement exprimés et leur satisfaction dépend du niveau de performance ou de la qualité du produit.
  • Les exigences latentes dites attractives : les besoins sont ici nécessaires, mais peuvent ne pas être exprimés. C’est la créativité qui doit surtout primer puisqu’il s’agira de créer un élément différenciateur qui pourra surprendre le client. C’est ce qu’on appelle « l’heureuse surprise« . Cela dit, son absence ne devrait pas être source d’insatisfaction ou de frustration pour le client.

 

Se présentant sous la forme d’un diagramme, le modèle de Kano met en relation les 3 positionnements qui serviront à évaluer de manière méthodique et efficace la satisfaction des clients par rapport à un produit ou un service.

On représentera en abscisse la prise en compte des attentes, allant de non réalisée à réalisée tandis qu’en ordonnée, on indiquera le niveau de satisfaction client, du moins satisfait au plus satisfait.

Kano Diagram

 

Mise en œuvre du modèle de Kano

Comme tout type d’outil d’évaluation de satisfaction client, il faudra choisir un panel d’utilisateurs représentatif.

Le questionnaire de Kano consiste à demander aux utilisateurs leur niveau de satisfaction sur la présence de chaque fonction/caractéristique du produit/service ainsi que sur l’absence de chacune de ces mêmes fonctions.

La collecte et l’analyse des résultats se fait sur la base de la réponse qui a obtenu le plus de vote pour chacune des fonctions étudiées.

 

Bref, le modèle de Kano est un outil performant et efficace qui a fait ses preuves durant ses 25 années d’existence. Facile à comprendre et simple à mettre en œuvre, il peut vous être d’une grande aide dans l’évaluation de la satisfaction client de vos produits et services actuels ainsi que dans la conception de vos futurs produits et services.

Eddy Andriamanalina

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Human Thinking

Le Human Thinking pour créer l'innovation de demain !

 

Avec l’avènement du digital, la majorité des experts ont peaufiné des concepts efficaces basé sur l’expérience utilisateur et/ou sur l’utilité du produit tel le Design thinking. Et même si le design thinking se définit comme une innovation centrée sur l’humain, chez Volkswagen, on propose d’aller plus loin avec le Human Thinking.

 

Inventions, Problème-Solution-Fit et Expérience utilisateur

keep calm and innovatePour commencer, faisons un peu d’histoire. En effet, après les inventions et découvertes des précédents siècles et les innovations radicales du début du XXIe, la période d’après-guerre a plutôt vu des innovations venant améliorer ce qui existait déjà, apportant une solution à un problème existant ou répondant au besoin d’un marché demandeur d’un produit ou d’un service pour simplifier l’existence des consommateurs.
Les innovateurs ont beaucoup pensé à ce que souhaitait le consommateur final et c’est ainsi que le Design Thinking a été conceptualisé dans les années 80 par IDEO… pour évoluer vers le Design Circulaire en incluant l’environnement économique.

L’expérience utilisateur est au centre de toute innovation : simplicité, interactivité, rapidité, accessibilité, etc. L’ère du numérique, d’Internet et de la mobilité dopent la nécessité d’efficacité et de rentabilité.

Puis les designers comme Nikkel Blaase ont développé le Product Thinking, en plaçant le produit comme base de la réflexion innovatrice. Avant d’apporter une expérience exceptionnelle au consommateur, le produit doit d’abord être utile et être une (la meilleure possible) solution à une problématique donnée.

Parallèlement, dans le domaine industriel, inspiré par le Kaizen japonais, l’innovation passe aussi par l’optimisation des process et des coûts. C’est d’ailleurs d’un concurrent de Toyota, à savoir l’Allemand Volkswagen, qu’est en train de naître un concept totalement nouveau : le Human Thinking.

 

Du « centré sur l’humain » vers le « construit autour de l’humain »

Johann Jungwirth, Chief Digital Officer du constructeur basé à Wolfsburg, a posé les fondements de cette nouvelle forme de penser l’innovation, lors de l’évènement Viva Technology à Paris en juin dernier. Les industriels et acteurs économiques ont désormais de grands défis qu’ils ne peuvent ignorer : la transition énergétique et climatique, l’urbanisation et la digitalisation en plein essor.

Pour Jungwirth, ces trois facteurs obligent les industries – automobiles, notamment – à se réinventer complètement. Aussi, selon lui, l’automobile ne doit plus être un « simple véhicule » mais un « objet de mobilité ».

Dans ce sens, la voiture du futur doit proposer avec la même qualité une partie « hardware » et une autre « software » du même acabit. C’est ainsi que l’ingénieur allemand propose le Human Thinking, adapté du Design Thinking, qui aurait du mal à intégrer l’accélération des cycles d’innovation favorisée par le digital ou l’intelligence artificielle.

Johann Jungwirth

Johan Jungwirth décrit donc le Human Thinking en 8 points et a fortiori 8 questions en rapport avec l’objet ou le service innovant :

  • Émotion : Est-ce que l’objet me touche ?
  • Beauté : L’objet est-il beau et traduit-il notre soin à le créer ?
  • Innovation : Est-ce que cet objet règle les problèmes des gens ?
  • Intelligence : Cet objet est-il smart/intelligent ?
  • Intégrité : Est-ce vraiment la bonne chose à faire ?
  • Vie : L’objet impacte-t-il la vie des gens ?
  • Société : A-t-il un impact positif sur la société ?
  • Durabilité/Écologie : Préserve-t-il la planète ?

 

Les notions du Human Thinking définies par le cadre de Volkswagen devraient donc être les nouveaux critères pour construire une innovation qui se recentre sur l’humain, son environnement, ses émotions, ses valeurs, son interaction avec les objets, son rapport à l’innovation, etc.

Pour aller plus loin dans l’application du Human Thinking et surtout pour réussir son innovation, Jungwirth propose enfin de relier ces huit notions à six valeurs de stratégies commerciales et managériales.

  • Construire la meilleure expérience utilisateur possible
  • Se doter des meilleures innovations et inventions
  • Penser de façon exponentielle
  • Prendre des décisions osées
  • Bâtir une culture saine de leadership
  • Ne pas oublier sa responsabilité sociale
Human Thinking
Source : Ren Mobility

 

Le Human Thinking, c’est déjà aujourd’hui

En utilisant ce nouveau concept de Human Thinking, Jungwirth et ses équipes ont conçu le concept car Sedric, présenté quelques semaines plus tôt (en mars 2017, lors du Mondial de l’Auto à Genève, NDLR). Sedric, acronyme de « Self driving car » est une voiture électrique autonome à partager, qui se pilote via un bouton connecté. Véhicule personnel, navette automatique, sans volant ni pédales, ni tableau de bord, il sera contrôlable par la voix et le toucher. Volkswagen, très ambitieux, imagine Sedric, parfaitement intégré dans l’environnement et dans la ville : emmener les enfants à l’école, trouver une place de parking, aller récupérer des courses, récupérer un ami à la gare et l’ainé à son cours de sport.

NetCarShow
Via ce concept car, la marque allemande et ses ingénieurs donnent la direction à suivre dans la conceptualisation du Human Thinking. La plateforme d’idées née de Sedric définit donc la vision à long terme du véhicule autonome, mais aussi des futurs projets d’innovation de Volkswagen.
Nul doute que ce concept de Human Thinking sera plus élaboré et plus détaillé dans les mois ou années à venir et s’exportera en dehors des labos de Volkswagen pour toucher d’autres entreprises, d’autres secteurs d’activités pour engendrer des innovations encore plus humaines.

Niko Nado

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Corporate Hacking : qui sont ces salariés qui innovent dans l'ombre ?

Dans une entreprise, ce sont généralement les dirigeants qui décident de tout et mènent la danse. Les salariés sont de simples exécutants qui ne détiennent pas de pouvoir de décision et sont contraints d’exécuter les ordres qui leurs sont donnés. Si une telle pratique peut se montrer efficace pour la productivité de l’entreprise, il se peut toutefois qu’elle ne favorise pas l’innovation.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le concept de Corporate Hacking a récemment fait son apparition. Vous en avez peut-être déjà entendu parler puisque ce concept devient de nos jours de plus en plus à la mode et a même donné lieu à de nombreux mouvements au sein et entre les différentes entreprises. Les idées qu’il véhicule sont très proches de celles de l’intrapreneuriat et les objectifs sont aussi à peu près les mêmes. Si vous désirez en savoir plus à ce sujet, les paragraphes qui suivent peuvent vous être d’une grande utilité.

 

Le Corporate Hacking : c’est quoi exactement ?

Il n’existe pas encore une définition universelle ou officielle du corporate hacking. Toutefois, d’une manière assez simpliste, on peut le définir comme le fait pour un ou des salariés de se servir des moyens fournis par l’entreprise en vue de faire bouger les choses au-delà de la mission qui leur est confiée quitte à contourner certaines règles établies. Le mouvement s’apparente donc ici à une intention de transformer l’organisation de l’intérieur. Et bien évidemment, de nombreuses qualités sont nécessaires pour cela si l’on ne cite que le sens de l’opportunité, de l’improvisation, du bricolage organisationnel et du détournement, mais dans un sens positif.

En effet, le but du corporate hacking n’est pas d’user les moyens de l’entreprise pour s’enrichir personnellement. Il s’agit plutôt d’un mouvement visant à améliorer l’entreprise et à la mener vers le développement et l’innovation. Cela dit, les moyens utilisés pour y parvenir sont beaucoup moins classiques puisque les corporate hackers peuvent être perçus comme des rebelles puisqu’ils n’attendent pas d’ordre pour agir. Ce sont les opportunités et la volonté de bien faire qui les animent et font d’eux ce qu’ils sont.

 

Pourquoi les corporate hackers sont nécessaires ?

« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. » Vous vous rappelez certainement de cette citation de Charles Darwin et qui prend tout son sens dans le corporate hacking.
La plupart des entreprises sont de nos jours régies par les règles classiques de l’organisation. Comme nous l’avons déjà évoqué en introduction, une telle structuration peut être efficace, toutefois, elle endigue souvent le développement de l’entreprise et son passage à l’innovation.

C’est la raison pour laquelle on voit aujourd’hui l’émergence du corporate hacking qui traduit la volonté de certains salariés d’avancer dans la transformation de leur entreprise au-delà des contraintes imposées par l’entreprise. On note le besoin d’une plus grande autonomie et, dans une certaine mesure, on peut considérer que les corporate hackers donnent du sens à leur travail.

Nous avons besoin d’individus comme les corporate hackers, lesquels sont prêts à s’adapter aux changements et à toujours aller de l’avant. Ils ont en effet compris la nécessité de contourner les règles de fonctionnement afin de s’adapter au contexte dans lequel ils évoluent.

Bref, les corporate hackers sont nécessaires pour remettre en cause certaines règles et amorcer le changement, lequel est aujourd’hui une condition essentielle pour innover et se développer.

 

Comment favoriser le Corporate Hacking au sein d’une entreprise ?

Comme vous avez pu voir à travers les paragraphes précédents, le corporate hacking est de nos jours essentiel pour les entreprises qui désirent évoluer et innover. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas si facile à mettre en œuvre. Plusieurs éléments sont encore à prendre en compte et parmi eux, l’organisation de l’entreprise figure parmi les plus importants.

Pour que le corporate hacker puisse agir efficacement, il est important de soutenir ses projets en mettant à sa disposition des moyens financiers et/ou humains ainsi que de rester bienveillant face à ses succès mais aussi face à ses échecs. Il est également bénéfique de mettre en place un système de reconnaissance qui apportera aux corporate hackers les motivations nécessaires pour qu’ils puissent continuer leurs efforts et mener l’entreprise vers le sommet.

 

 

Ces associations qui promeuvent le Corporate Hacking

Le Corporate Hacking a connu un certain succès ces dernières années. C’est ainsi que plusieurs corporate hackers ont commencé à se regrouper autour d’associations prônant les valeurs de la création d’opportunités et des innovations.

Parmi les plus connues de nos jours, on peut citer à titre d’exemple les Hacktivateurs et les Corporate Hackers. Leur but est notamment de faire découvrir, promouvoir et encourager l’intrapreneuriat et le corporate hacking. Pour ce faire, les membres mettent en avant le partage d’expériences, la mise en réseau ainsi que l’action et l’intelligence collective.

 

Des exemples concrets ?

Il existe un grand nombre d’exemples de Corporate Hacking fructueux ; on peut citer par exemple, le cas de Jean-Paul Cavalier, Head of Operational Excellence chez AXA Investment Managers, qui suite à une conversation avec un collègue décida de créer un MOOC en partenariat avec HEC sur la gestion d’actifs.

Ou celui d’un collègue qui mît en place un concours entre différents pôles géographiques de la société pour faire diminuer la consommation de papiers. Résultat, 15000 pages sauvées, de bonnes pratiques acquises et des arbres plantés grâce à une partie des économies réalisées !

L’association Les Hacktivateurs recense également les hacks et met même à disposition des fiches pratiques pour vous aider à initier des démarches de Corporate Hacking.

Eddy Andriamanalina

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Product Thinking

Product Thinking : concevez le produit parfait pour vos clients !

Innovation est souvent synonyme de solution, de création, de nouveauté ou de satisfaction d’un besoin existant ou pas, etc. Mais pour éviter de lancer sur le marché un produit dont personne ne veut, il faut d’abord penser à ce qu’apporte ce produit et aux questions auxquelles il répond, mais aussi à comment gagner de l’argent avec ce produit : c’est le Product Thinking.

 

Pensez produit et non fonctionnalités

Beaucoup d’entrepreneurs et d' »innovateurs » ont tendance, lorsqu’ils parlent d’expérience utilisateur, à penser uniquement à une fonctionnalité sympa, facile à utiliser qui fera un carton auprès de leurs utilisateurs.

En réalité, les fonctionnalités sont une partie plus ou moins grande d’un produit, mais ne représente pas le plus important et surtout ce pour quoi ce produit est conçu. En d’autres termes, c’est le produit qui fait la fonctionnalité et non l’inverse. Il faut donc penser produit ! Cela veut dire penser au problème rencontré par l’utilisateur, au besoin à satisfaire, au but à atteindre ou encore à l’habitude qui sera assouvie par ce produit innovant. Penser produit équivaut à penser au travail à effectuer, aux revenus à engendrer…

Il existe bon nombre de concepts et de méthodologies permettant aux concepteurs, aux designers et aux entreprises d’orienter leur pensée et d’être plus efficace dans l’innovation ; nous en avons déjà abordé un certain nombres : design thinking, design circulaire, lean thinking, etc..

Nikkel Blaase

 

Le product thinking doit permettre au designer d’avoir une vision plus large et plus holistique. Ainsi, Nikkel Blaase, product designer allemand, via ses publications en ligne ou ses conférences, théorise la « pensée produit » entre l’UX Design et le product management, exactement à l’intersection des deux, en soulevant 3 points :

 

  • Le Product Thinking est, à juste titre, une discipline de conception. Lorsqu’elle est faite sur mesure, une bonne conception ne fait rien d’autre qu’identifier les problèmes d’utilisateurs et proposer les solutions de design et de conception.
  • Le product management (gestion des produits) fait partie de la conception. Une bonne conception pense produits et solutions.
  • Le design appartient également au product management. Dans les 4P du marketing mix classique, le P de Produit est bien présent au côté des autres piliers (Place, Prix, Promotion). Maintenant, on considère que le produit se déplace dans le centre, avec le design et l’ingénierie.
Product thinking
Source : Newflux.fr

 

Entre l’UX Design et le Product Management

L’UX Design peut se traduire littéralement par la conception de l’expérience utilisateur (User eXperience, en anglais). Elle désigne la méthodologie qui, en tenant compte des attentes et des besoins de l’utilisateur l’intègre pour concevoir un produit, un service, un site web ou une application, de sorte que l’expérience utilisateur soit la meilleure possible.
Cela passe par l’intégration de fonctionnalités simples, interactives et efficaces qui rassurent l’utilisateur, et qui lui permettent de retrouver rapidement l’information dont il a besoin.

Quant au product management, il peut se traduire comme une fonction du processus organisationnel d’une entreprise gérant la planification, la production, le marketing, etc. à toutes les étapes du cycle de vie du produit. Ainsi, durant tout le cycle de vie du produit, cette fonction intègrera les ressources humaines, les données, les process, le business model et fournira des informations sur le produit à l’entreprise et à ses canaux d’approvisionnement.

Par conséquent, le Product Thinking est l’expression d’une tendance qui rassemble, ce qui va de pair avec la gestion des produits, la conception (ou le design) et l’ingénierie.

 

Le problème d’abord, la solution ensuite

Product thinking solutionLa première étape de la « pensée produit » est de déterminer le problème que vos utilisateurs cherchent à résoudre. Et c’est la raison principale, voire l’unique, pour laquelle ils achèteront votre produit (du moins, tant qu’il sera utile pour résoudre le problème de manière significative et précieuse).

 

Si vous définissez un problème qui n’existe pas réellement et y apportez une bonne solution à vos yeux, mais qui ne résout pas ou que très partiellement la problématique réelle, alors vos produits ne seront pas utiles aux utilisateurs. Et un produit sans utilisateurs est voué à l’échec ; vous ne gagnerez pas d’argent. Pire vous en perdrez et cela vous mènera à mettre la clé sous la porte !

Bien sûr, détecter le besoin réel des consommateurs est très difficile, et ce, même après avoir effectué plusieurs recherches et études de marché. Le meilleur moyen pour commencer à repérer si problème il y a est toujours de s’adresser aux utilisateurs potentiels.
Toutefois, n’oubliez pas que ces derniers peuvent ne pas être en mesure d’articuler clairement leurs besoins, il faudra donc certainement creuser en profondeur et faire des observations dans la vie réelle également. Il existe également plusieurs outils et méthodologies aidant à la réflexion servant à analyser, synthétiser et définir un problème, après avoir collecté directement ou indirectement des informations auprès des utilisateurs.
Comme l’explique Nikki Blaase, penser produit aide à créer des fonctionnalités probantes et populaires.

Définir les problèmes abordés par le produit répond à la question « pourquoi concevons-nous ce produit ? ». Définir le public cible « qui a ces problèmes ? » Et définir la solution « comment allons-nous faire cela ? » donnera suffisamment d’éléments nécessaires pour créer une nouvelle fonctionnalité. La mise en place d’un objectif aidera à mesurer le succès de cette fonctionnalité.

 

Comment penser produit ?

Il faut garder à l’esprit que le plus important dans le produit est son adéquation avec le besoin : le produit répond parfaitement à une problématique. Les fonctionnalités originales, la beauté de la conception, l’ergonomie, etc. sont certes intéressantes pour différencier votre produit ou service, le faire aimer du public ou le rendre meilleur que la concurrence ; mais ce n’est pas cela qui rendra votre produit utile. L’élément primordial pour le succès de votre produit est qu’il doit être la solution à un problème donné. C’est ce qu’on appelle le Problem-Solution Fit, un des principes du Lean Startup.

Pour se mettre en mode ‘product thinking’, il faut de prime abord apporter des réponses claires à ces interrogations :

  • Quel est le problème que l’on résout ? la problématique utilisateur
  • Pour qui ? la clientèle cible
  • Pourquoi ? la vision
  • Comment ? la stratégie
  • Qu’est ce que nous voulons atteindre ? les objectifs
  • Et c’est après et seulement après que l’on peut réfléchir à comment on conçoit le produit : les fonctionnalités.

 

Schéma Product thinking
Source : http://blog.50a.fr/

« Développer des fonctionnalités est facile, mais développer la fonctionnalité parfaite et adéquate pour les utilisateurs est difficile ».

Le product thinking doit donner au designer l’avantage de développer les bonnes fonctionnalités pour les bonnes personnes, en d’autres termes, concevoir la fonctionnalité dont l’utilisateur a besoin et non pas « quelque chose qui fait joli, mais qui ne sert à rien ». Avoir la réflexion « produit » est censé permettre enfin au concepteur et entrepreneur d’être plus efficace dans leur pensée et dans leur innovation. Cela pose les bases d’une meilleure interaction entre l’expérience utilisateur et la gestion du produit pour concevoir et commercialiser un produit ou service plus pertinent et forcément plus rentable.

Niko Nado

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Intrapreneuriat

Pourquoi miser sur l'intrapreneuriat pour innover ?

Une récente étude du cabinet Deloitte intitulée L’intrapreneuriat, effet de mode ou vague de fond nous offre un panorama de l’état de l’intrapreneuriat en France aujourd’hui.

Découvrons les grandes tendances de cette démarche d’innovation interne.

 

L’intrapreneuriat, c’est quoi déjà ?

Comme nous l’avons vu dans l’article L’intrapreneuriat : les grandes entreprises passent aussi à l’action !, l’intrapreneur est un salarié qui mène, pour le compte de son organisation, un ou plusieurs projet(s) d’innovation indépendamment de ses activités salariales habituelles.

L’intrapreneur s’oppose principalement à l’entrepreneur dans la mesure où il mène ses projets innovants au sein de son entreprise en conservant son statut de salarié tandis que ce dernier agit à son compte.

Ces projets sont encadrés par l’organisation sans nécessairement être régis par les règles qui s’y appliquent habituellement. En effet, le processus d’innovation nécessite entre autres une certaine liberté de penser et d’action pour être optimal comme expliqué dans l’article Comment favoriser l’innovation au sein de votre entreprise ?

 

Où en est-on aujourd’hui ?

Selon Deloitte, 37% des entreprises françaises auraient initié une démarche d’intrapreneuriat et 12% des salariés auraient déjà tenté l’expérience.

Parmi ces intrapreneurs, 9 sur 10 sont prêts à recommencer, preuve que l’aventure leur a été bénéfique !

Les projets intrapreneuriaux sont un excellent levier de croissance comme l’atteste d’ailleurs notre article 15 entreprises qui ont gagné à écouter leurs salariés !

D’après l’étude, ces projets concernent plusieurs domaines d’innovation :

  • le lancement d’un nouveau produit (41%),
  • l’amélioration d’un produit ou d’un service (22%),
  • le développement d’une nouvelle technologie (18%),
  • l’optimisation de l’organisation (18%).

 

Vos collaborateurs sont déjà motivés !

L’étude révèle également que 74% des salariés interrogés sont prêts à se lancer dans l’intrapreneuriat.

C’est même un élément important dans le choix d’une entreprise puisque 2/3 des interrogés sont attirés par des organisations proposant ce type de démarche.

L’intrapreneuriat est considéré comme une source de motivation, de développement personnel et professionnel ainsi qu’un challenge. Un tel engouement traduit une volonté de développer ses connaissances et expériences et d’avoir plus d’autonomie et d’indépendance.

En effet, la tendance actuelle tend vers l’entrepreneuriat : 38% des salariés interrogés ont déjà eu une expérience d’entrepreneurs et 1 jeune diplômé sur 2 a aujourd’hui pour projet de créer sa propre entreprise.

 

Comment initier une démarche d’intrapreneuriat au sein de votre organisation ?

Il existe de nombreuses méthodes pour faire émerger des idées innovantes et mener à bien des projets d’innovation.

Parmi elles, l’utilisation d’une plateforme d’idéation collaborative accessible à l’ensemble des collaborateurs permet d’instaurer une culture d’innovation et de stimuler l’esprit intrapreneurial.

En effet, comme expliqué dans Comment la plateforme d’idéation collaborative met K.O. la boîte à idées en 2 rounds ?la plateforme d’idéation engage les collaborateurs dans une démarche d’innovation durable bien au-delà d’une simple boîte à idées.

Outre la possibilité pour les collaborateurs de pouvoir déposer spontanément leurs idées, elle permet de les enrichir collaborativement mais aussi de lancer directement des challenges à l’ensemble (ou à une partie) des collaborateurs sur des thématiques identifiées par la hiérarchie, de quoi booster la créativité et les chances d’innover !

infographie-intrapreneuriat-Deloitte

Claire Rousseau

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PAPSA

Innovez en 5 étapes avec la méthode PAPSA d’Hubert Jaoui !

Pour pouvoir innover, il est important de développer sa créativité ! Mais comment ? Il existe de nombreuses méthodes de créativité comme par exemple la méthode Lego Serious Play, les 4 personnages de Roger Von Oechla méthode du Design Sprint, la Synectique

Dans cet article, nous allons vous présenter une autre méthode de créativité qui s’apprécie autant pour son efficacité que pour sa facilité de mise en œuvre. On parle ici de la méthode PAPSA conçue et développée par Hubert Jaoui. Il s’agit d’une méthode un peu particulière que ce soit au niveau de son concept que de son application. Afin de mieux la comprendre, commençons d’abord par une biographie de son créateur, Hubert Jaoui.

 

Qui est Hubert Jaoui ?

Hubert Jaoui dispose de nombreux talents : dans son parcours, il a à la fois étudié la philosophie, la géologie, l’ingénierie mais aussi l’administration des affaires.

Expert reconnu dans le domaine de la créativité appliquée au management et à l’innovation, il a fondé en 1973 l’Institut GIMCA qui accompagne aussi bien les entreprises privées que les organismes publics dans leurs démarche d’innovation.

La créativité mode d'emploi_Hubert JaouiHubert Jaoui a publié de nombreux ouvrages et articles autour des thématiques de la créativité et de la communication. Il explicite notamment la méthode PAPSA dans son livre La créativité mode d’emploi.

Pour comprendre la pensée et la personnalité de cet auteur, on peut se référer à l’une de ses citations qui dit : « Pour tout problème, on peut toujours trouver au moins deux solutions. La plupart des experts sont persuadés qu’il n’y en a qu’une – la leur. S’il n’y a pas d’option, il n’y a pas d’imagination, pas de liberté. Il reste un vrai travail à faire sur les croyances qui imposent leurs limites. »

 

La méthode PAPSA : de quoi s’agit-il exactement ?

The Psychology of Invention in the Mathematical Field_Jacques HadamardComme nous l’avons déjà évoqué dans les paragraphes précédents, la méthode PAPSA est une méthode de créativité. En d’autres termes, elle nous permet de découvrir de nouvelles idées afin d’innover.

Dans son contenu, la méthode semble s’inspirer de l’essai sur la psychologie de l’invention dans le domaine mathématique du mathématicien Jacques Hadamard.

Elle s’organise autour de trois grands moments à savoir l’avant (la perception et l’analyse créative), le pendant (la production d’idées) et l’après (la sélection et l’application).

Il est important de noter que les 5 étapes qui la composent impliquent à la fois l’application de la pensée Divergente et de la pensée Convergente, ce qui rend cette méthode assez exceptionnel ; en effet, la plupart des méthodes de créativité alternent des phases de créativité (divergente) avec des phases de réflexion rationnelle (convergente).

Enfin, la méthode PAPSA peut s’utiliser aussi bien pour des sessions courtes (de quelques heures) que pour des sessions longues (allant jusqu’à plusieurs mois).

 

Les 5 étapes de la créativité selon Hubert Jaoui 

Afin de pouvoir cerner la créativité dans toutes ses dimensions, Hubert Jaoui propose de l’aborder sous différents angles. C’est ainsi que l’on doit passer par plusieurs étapes dont les initiales composent l’acronyme PAPSA.

La Perception

C’est la première étape qui, comme son nom le laisse clairement entendre, consiste à saisir toutes les données du problème et à explorer le contexte sous tous les angles. Ici, il est important de se montrer à la fois curieux (divergence) et sceptique (convergence). On ne doit pas hésiter à poser toutes les questions qui nous passent à l’esprit, le but étant ici d’avoir une vue détaillée ainsi qu’une idée plus claire et plus précise du problème. On peut ici utiliser la technique du mind mapping afin de bien visualiser toutes les composantes du problème.

L’Analyse

Une fois que tout nous semble clair, il convient maintenant de passer à l’analyse. Ici, on doit essayer de décomposer le problème afin de voir ses divers éléments constitutifs. Il faudra ensuite s’efforcer de les reconstituer en différents modèles explicatifs. Cela permettra de hiérarchiser les problèmes ainsi que d’identifier les zones critiques et les axes de recherche. Ici encore, le mind mapping permettra de réaliser un diagnostic clair et de reformuler le problème.

La Production

C’est dans cette étape que l’on va tenter de générer le maximum d’idées possibles. Pour cela, on peut s’appuyer sur différentes méthodes de production d’idées comme par exemple le brainstorming, le mind mappingla technique de la fleur de lotus… Les idées vont par la suite être traduites en solutions créatives qui sont à la fois originales, efficaces et surtout réalisables.

La Sélection

Maintenant que l’on a à disposition de nombreuses idées, il convient de les examiner et les évaluer afin de choisir lesquelles seront retenues et appliquées. Dans cette étape, il est important d’avoir un esprit ouvert et positif puisqu’il s’agira surtout de classer les idées en respectant la rigueur scientifique.

L’Action

C’est dans cette étape qu’il faudra mettre en œuvre les idées retenues lors de la précédente étape. En d’autres termes, c’est ici qu’il convient de passer à l’action. Cela dit, on doit tout d’abord commencer par l’identification des pièges et embûches qui peuvent endiguer le chemin du changement et de l’innovation. Aussi, dans la formulation des actions à entreprendre, il est important d’élaborer une démarche de succès, à la fois progressive et méthodique.

 

Bref, vous savez déjà maintenant ce qu’il faut savoir sur la méthode PAPSA d’Hubert Jaoui. Quel que soit le domaine dans lequel vous vous trouvez, elle vous aidera à être plus créatif et à mieux innover, ce qui constitue de nos jours l’une des premières clés du succès.

Eddy Andriamanalina

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ISMA360

La méthode ISMA360® : comment passer d'une idée géniale à une innovation rentable ?

 

Tout entrepreneur ou porteur de projets innovants se demande toujours au départ comment transformer ses belles idées en projet d’innovation viable et surtout réussir à le mettre sur le marché et rentabiliser le projet. La méthode ISMA360® apporte des éléments de réponses. Explications.

 

D’où vient cette méthode ?

ISMA360® est un acronyme déposé signifiant « Innovation Systemic Marketing Analysis » (Analyse du marketing systémique de l’innovation). La méthode a été conçue en 2004 par Dominique Vian, ingénieur en systèmes d’information et professeur à la Skema Business School à Sophia-Antipolis en 2004, puis détaillée dans son livre en 2013, ISMA360®, la boussole de l’entrepreneur innovateur. Cette méthode a pour but de tracer une feuille de route pour l’entrepreneur innovateur.
Cette méthodologie est le fruit d’une dizaine d’années d’études, d’expériences et d’accompagnement de plusieurs centaines de porteurs de projets innovants. Selon ses initiateurs, ISMA360® est « une approche opérationnelle et efficace destinée à guider l’entrepreneur et son équipe dans leur réflexion, décrivant l’ensemble du processus par lequel l’innovateur doit passer pour identifier à un instant T, la voie d’accès au marché la plus pertinente« . Le modèle a été peaufiné par la suite en ayant été utilisé dans plusieurs incubateurs, sous la supervision de SKEMA, en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis.

 

ISMA360® : Le principe

ISMA360® est un outil de suivi pour aider à structurer l’approche à adopter sur un marché incertain et définir la stratégie de marketing avant de lancer son innovation. Cette méthode permet ainsi à l’entrepreneur d’avoir une représentation claire du marché et l’aide à déterminer, par un processus de réflexion logique et systémique, toutes les étapes nécessaires pour répondre à des questions clés :

  • A quel(s) besoin(s) répond mon innovation ?
  • Quel produit ou service dois-je vendre ?
  • À quel client ?
  • Quel serait le meilleur modèle d’affaires ?

 

La méthodologie aide à faire face aux incertitudes du marché en adoptant une approche étape par étape. Modélisé sous forme d’outil informatique, ISMA 360® fournit des outils de reporting, en particulier pour l’analyse fonctionnelle (les fonctions les plus pertinentes prenant en compte les besoins de l’utilisateur et le cœur de l’innovation).

 

Comment l’appliquer ?

Dans la modélisation du concept ISMA360®, Dominique Vian liste six étapes-piliers de la méthodologie à prendre en considération pour concevoir une innovation :

 

Étape 1 : Caractériser la nouveauté et définir le contexte de référence pour la conception d’une innovation

Pour bien démarrer, il est important de caractériser l’innovation. Pour avancer dans sa réflexion l’entrepreneur-innovateur doit apporter les réponses à ces deux interrogations :

  • Qu’ai-je en ma possession de différent que les autres acteurs n’ont pas ?
  • Qu’est-ce que permet cette différence qui n’était pas possible auparavant ?

La réponse à la première question définit l’innovation dans son contexte alors qu’avec la seconde, l’innovation apparaît comme la solution à un problème identifié.

Dans un premier temps, le but est de mettre en exergue les caractéristiques distinctives de l’invention, sa nouveauté ou son originalité (la combinaison de caractéristiques pas forcément uniques).

Dans un second temps, ces caractéristiques participeront à définir le contexte ou l’univers dans lequel prendra place cette innovation.

Pilier 1 : le domaine de l’innovation définit le périmètre du marché potentiel de l’invention

 

Étape 2 : Les deux sous-catégories stratégiques pour concevoir une innovation

Caractériser le domaine global de l’innovation conduit à calibrer une stratégie, une ligne directrice par laquelle l’invention ou l’innovation va être conçue et va surtout évoluer dans le futur. Cette stratégie se base sur 13 variables (regroupées en 2 sous catégories) à valider dans la conception du projet innovant :

Domaine de l’invention

A prendre en considération ici pour tracer les contours du domaine de l’innovation en incluant le porteur de projet lui-même et ses compétences, l’innovation, ainsi que ses futurs utilisateurs :

  • La capacité à protéger l’innovation
  • Les partenaires de l’invention
  • Les besoins clés et les applications de l’innovation
  • Les fonctionnalités de l’offre innovante
  • Les utilisateurs de l’invention

 

Marché de l’invention

A retenir surtout l’environnement dans lequel l’innovation sera commercialisé. L’entrepreneur doit donc tenir compte des données économiques, marketing, de communication, etc. dans son business model.

  • Le réseau de valeur (l’environnement externe) du domaine
  • Les segments d’utilisateurs du marché final de l’offre d’innovation
  • Les réglementations du marché
  • Les complémenteurs du produit innovant (l’offre additionnel pour vendre l’innovation en package)
  • Les produits/services (cela peut être l’offre promotionnelle, service à la clientèle, etc.)
  • Le modèle de revenus (parce qu’il faut faire du profit !)

Pilier 2 : 13 variables de la stratégie de l’innovateur réparties en deux sous- systèmes qui interagissent faiblement

 

Étape 3 : Adopter la logique effectuale de l’entrepreneur

Comme le reconnaît volontiers Dominique Vian, ISMA360® est une méthode de conception, adaptée aux situations incertaines, qui se base sur une logique effectuale. Comme nous l’avions abordé dans un de nos précédents billets, l’effectuation est l’état d’esprit de l’entrepreneur innovateur pragmatique qui saisit les opportunités et avance avec les moyens dont il dispose.

Pilier 3 : l’innovateur expérimenté doit avoir la logique effectuale

 

Étape 4 : concevoir l’offre innovante à partir de la nouveauté

Concevoir le produit ou le service innovant le plus adapté aux besoins des demandeurs est un principe d’ISMA360®. En effet, il s’agit d’utiliser la nouveauté ou l’invention comme point de départ du projet d’innovation.

Dans ce sens, deux interrogations se posent en priorité : comment identifier les besoins non satisfaits à partir du domaine de l’innovation ? Et comment en déduire les personnes qui expriment ces besoins ? Pour réussir cette étape, il est possible de faire appel à des outils provenant de méthodes de créativité telles le design thinking.

Pilier 4 : Il faut savoir cerner le périmètre de l’offre innovante.

 

Étape 5 : Positionner l’offre innovante dans un réseau de valeur

Le questionnement sert ici à situer l’innovation par rapport aux consommateurs : son utilité, son apport réel, l’existence d’un marché potentiel, la possibilité de créer un marché autour de cette innovation, sa valeur ajoutée, etc. :

  • Le client final a-t-il conscience d’avoir ce besoin ?
  • Le client final recherche-t-il des solutions à son besoin ?
  • Le client final a-t-il trouvé une réponse à son besoin sur le marché actuel ?
  • Est-il satisfait des solutions ou produit existants ?

Pilier 5 : La légitimité du choix du décideur, future partie prenante de l’innovation, l’emporte sur sa perception de l’efficacité de cette nouveauté.

 

Étape 6: Classification des acteurs d’une innovation

Nous avions abordé précédemment dans d’autres articles sur les méthodes d’innovation, l’importance à accorder à l’environnement et aux intervenants internes, mais surtout aux intervenants externes d’un projet d’innovation (voir la chaîne de valeur, l’écosystème et la prospective).

Dans cette dernière étape, après avoir établi sa pensée autour de son innovation, ses moyens, ses potentiels utilisateurs, etc., l’entrepreneur doit ainsi lister les acteurs qui agissent sur son marché, classifier leur(s) relation(s) :

  • Acteurs économiques (acheteurs ou vendeurs,…) / Acteurs non économiques (média, réglementation,..)
  • Utilisateurs de l’innovation (consommateurs…) / non utilisateurs (distributeurs, revendeurs…)
  • Opposants et détracteurs (concurrents…) / Promoteurs

Pilier 6 : le requérant qui favorise la vitesse de diffusion de l’innovation est celui qui se trouve le plus en amont dans le réseau de valeur externe.

Niko Nado

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Lego Serious Play

Comment innover en équipe avec la méthode Lego® Serious Play® ?

La créativité demeure l’une des plus grandes forces pour avancer de nos jours. En effet, il ne faudra plus suivre et adopter ce qui marche. Il faut pouvoir se démarquer des autres en adoptant un esprit et une démarche créatifs. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela n’est pas toujours facile. Il faudra agir avec méthode et se montrer perspicace. D’ailleurs, pour cela, on n’aura pas à chercher loin ! Les techniques de créativité sont de nos jours très nombreuses. Il y en a de tous les types et de toutes les couleurs. Parmi celles que nous avons déjà traitées dans ce blog, on citera par exemple le Creative Problem Solving, la fleur de lotus, la matrice de découverte et bien d’autres encore.

 

Dans ce nouvel article, nous allons en aborder une autre : la méthode Lego® Serious Play®. Il s’agit d’une méthodologie intéressante spécialement conçue pour stimuler la créativité et passer par conséquent à l’innovation. Elle est de nos jours très utilisée dans le milieu des affaires. Et en plus d’être une méthode efficace et performante, on a aussi tendance à la présenter comme un produit.

 

Lego® Serious Play® : de quoi s’agit-il exactement ?

La méthode Lego® Serious Play® est une méthode de stimulation de la créativité pour la facilitation de réunion, de la communication et pour la résolution de problème. Elle est quelque peu originale et vise à répondre à une problématique d’entreprise.

À noter que les LEGO® existent déjà depuis plus de 80 ans. La création de la compagnie remonte en effet à 1932. Pour ceux qui ne le savent pas encore, il s’agit d’une entreprise de création de jouets pour enfants, lesquels sont conçus sur la base de l’assemblage de briques élémentaires.

La méthode utilisée ici est très intéressante au point qu’elle s’est développée par la suite en une véritable méthode de créativité au début des années 2000.

Dans son application, le Lego® Serious Play® réunit plusieurs participants. Le but est notamment ici de concevoir des modèles 3D Lego® afin de répondre aux questions que le facilitateur pose. Ces modèles 3D serviront notamment de base pour la discussion de groupe. C’est également à partir d’eux que l’on partage des connaissances, résout des problèmes et prend des décisions. Bref, la méthode Lego® Serious Play® est un procédé ludique qui permet la résolution collaborative de problèmes.

 

Le principe de la méthode Lego® Serious Play®

Comme nous l’avons déjà évoqué, le but premier de la méthode Lego® Serious Play® est de stimuler la créativité afin de favoriser le passage à l’innovation. Elle favorise également l’intelligence collective et améliore la cohésion ainsi que l’engagement des équipes.

Pour cela, elle s’appuie sur la modélisation de la pensée en 3D, exactement comme dans les jeux Lego®. Le procédé se base surtout sur les compétences visuelles, auditives et kinesthésiques. Il est donc d’une importance capitale que les participants écoutent et apprennent.

Dans la pratique, voici les plus grands principes qui régissent cette méthode qui est désormais répandue un peu partout dans le monde :

  • Un langage commun : c’est essentiel pour favoriser la communication et la discussion entre les divers participants. Bien que chacun ait sa propre origine culturelle et professionnelle, il est important que tous puissent parler le même langage. Cela permet notamment de favoriser les échanges et de permettre par conséquent une meilleure génération des idées.
  • L’implication active et la mise en valeur de tous les participants : chaque participant doit être sur le même pied d’égalité. Ils doivent participer à toutes les étapes du jeu afin que l’on puisse avancer dans la voie que l’on souhaite. Leur implication doit être active et aussi effective pour que le jeu puisse atteindre les objectifs posés.
  • Des productions et des résultats concrets en 3D : une fois que le jeu a commencé, on doit pouvoir produire des résultats concrets. Ceux-ci sont ici représentés par les modélisations en 3D. Ils aident l’équipe à mieux voir les fruits de leur créativité et de facilement les mettre en œuvre afin de mieux innover.

 

Application de la méthode Lego® Serious Play®

La mise en œuvre de la méthode Lego® Serious Play® doit respecter les principes que nous avons énoncés dans le paragraphe ci-dessus. Dans la pratique, voici comment on doit procéder :

Les participants

L’équipe doit se composer idéalement de 5 ou 6 personnes. On leur met à disposition des kits de Lego® Serious Play®. Il en existe différents types, du kit de base aux modules techniques, permettant ainsi de répondre à tous les besoins.

On explique aux participants les règles qu’il conviendra de respecter durant la séance. Entre autres, on peut citer l’état d’esprit positif, l’absence de jugement, la bienveillance et la confiance en soi.

Une fois que tout est en place, on peut poser la première question. Celle-ci dépend de la problématique d’entreprise que l’on traite ou le problème qu’il convient de résoudre. Après la première question, chaque participant doit réaliser une construction à base de LEGO® et ils devront ensuite les expliquer chacun à leur tour aux autres membres. Ici, il est important de ne faire aucun jugement sur le sens de la construction d’un membre.

Après cela, on pose la seconde question et le procédé à suivre par la suite est le même que celui de la première question.

Dans la troisième phase du travail, il faudra demander aux participants de concevoir un paysage commun sur la base des modèles individuellement conçus. Ici, il faudra que chaque participant tienne son modèle dans sa main et le groupe réalise différents scenarii pour aboutir par la suite à un storytelling.

 

Le rôle des facilitateurs

Les facilitateurs ont un rôle important à jouer dans la méthode Lego® Serious Play®. Ils maîtrisent déjà très bien la méthode et facilitent le processus de réalisation. L’animation constitue leur principale fonction.

Leur rôle est d’améliorer la communication au sein de l’équipe afin de construire ensemble une compréhension commune. Ils s’assurent que les questions posées durant l’atelier soient pertinentes et répondent à l’objectif fixé.

À noter que les facilitateurs ne participent en rien à la prise de décision. Leurs rôles se limitent à la facilitation du processus afin que l’on puisse obtenir des résultats tangibles. Il est bon de savoir que les facilitateurs sont souvent des personnes étrangères à l’entreprise. Ils ont suivi une formation à la méthode Lego® Serious Play® et ont reçu une certification.

 

Enfin, vous savez maintenant tout ce qu’il faut savoir à propos de la méthode Lego® Serious Play®. En fonction de vos besoins, vous pouvez donc l’appliquer pour booster la créativité de votre équipe et favoriser le processus d’innovation. Toutefois, comme évoqué précédemment, il est important de faire appel à des facilitateurs compétents et de bien respecter les règles de la démarche comme gage d’efficacité.

Eddy Andriamanalina

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