Innovation

Comment s'entraîner à innover au quotidien ? Etude de cas : le stylo écrasé

Innovez ! Oui mais comment ? Comment trouver de bonnes idées qui donneront naissance à de véritables innovations ? Comme nous l’avons rappelé dans notre article Nous sommes tous des descendants de créatifs, innovateurs en puissance et capables d’avoir de bonnes idées ! En effet, l’histoire nous montre que l’Homme a su s’adapter à son environnement en innovant !

Ces innovations sont nées de la recherche de solutions à des problèmes identifiés ou encore de la sérendipité comme par exemple la découverte de la penicilline. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’innovation basée sur la résolution de problèmes.

Il existe de nombreuses méthodes d’innovation et de créativité efficaces qui visent à résoudre des problèmes identifiés ; on peut citer par exemple le diagramme d’Ishikawa, la méthode QQOQCCP ou encore la roue de Deming. Le but de notre exercice est d’adopter un comportement propice à l’innovation, aussi bien en termes d’identification que de résolution de problèmes pour que vous puissiez trouver de bonnes idées en toutes circonstances. Pour ce faire, je vous propose un petit voyage au coeur de notre quotidien qui, si on y prête attention, déborde de possibilités d’innover !

Comment trouver des problèmes pour s’entraîner à innover ?

La résolution de problèmes implique l’identification en amont d’une problématique ou d’un dysfonctionnement. Il est vrai qu’on ne cherche généralement pas les problèmes… mais dans ce cas précis il nous seront bien utiles pour nous entraîner à innover donc un petit effort !

Je vous invite à adopter un regard neuf sur l’environnement qui vous entoure, empreint de curiosité et exempt de jugement. Autrement dit, observez pour identifier ce qui ne fonctionne pas !

Pour se plonger dans le bain de l’innovation et maximiser ses chances de trouver de bonnes idées, il est important d’évoluer dans un cadre propice, comme nous l’avons explicité dans notre article 4 points clés pour booster l’innovation dans votre entreprise :

Chacun d’entre nous est confronté à des incohérences ou des difficultés dans sa vie quotidienne, dans le cadre professionnel et personnel. Nous sommes par exemple confrontés à ces problèmes en utilisant un service ou un produit qui ne nous satisfait pas entièrement.

Nous n’y prêtons pas forcément attention car la résolution de ces problèmes ne nous incombent généralement pas mais nous pouvons nous en servir pour nous entraîner à innover ! Utilisons ainsi notre capacité d’observation pour identifier les problèmes que nous rencontrons tous les jours.

Comment résoudre le problème ?

Afin de trouver une solution à notre problème, nous allons utiliser la méthode de résolution de problèmes QQOQCCP. Cette méthode consiste en une analyse approfondie du problème à partir des questions suivantes :

  • Qui ?
  • Quoi ?
  • Où ?
  • Quand ?
  • Comment ?
  • Combien ?
  • Pourquoi ? Pour quoi ?

L’objectif est ainsi d’apporter le maximum d’informations sur le problème afin de trouver la solution la plus adéquate possible.

Quel est le problème ? De quoi s’agit-il ? 

Stylo mine écrasée La Poste

Prenons donc un exemple concret que vous avez sûrement déjà rencontré : les stylos à bille reliés à un socle par une chaîne mis à disposition dans les bureaux de poste.

A la recherche d’un stylo pour noter une adresse, combien ont trouvé un stylo dont la mine enfoncée le rend inutilisable ?

Nous partons là d’un constat, les stylos mis à disposition dans les bureaux de poste ont parfois (voire souvent) la mine enfoncée.

Pourquoi ce problème se pose-t-il ? Quels sont ses causes ?

La cause de cet enfoncement est que la plupart des usagers des-dits stylos ont tendance à exercer une forte pression sur la mine afin de créer une copie carbone de certains formulaires disponibles dans les bureaux de poste, comme l’indique d’ailleurs ces formulaires.

Colissimo

Un test effectué par un Youtubeur nous apprend qu’un stylo à bille classique peut écrire pendant 38h25mn. Il serait intéressant d’estimer la durée de vie moyenne d’un stylo dans un bureau de poste puisque la plupart des crayons dont la mine est enfoncée possèdent encore de l’encre. Leur cycle de vie n’est donc pas optimisé.

Qui est concerné par le problème ? Quels sont les responsables ?

Ces questions nous permettent d’identifier les acteurs du problème.

Ainsi, l’utilisateur du stylo, à savoir l’usager du bureau de poste est responsable de l’enfoncement de la mine.

Par ailleurs, le bureau de poste est directement concerné car c’est ce dernier qui fournit les stylos qui sont donc par définition à sa charge.

Où se passe le problème ?

Comme nous l’avons indiqué, le lieu est le bureau de poste et par extension ce problème concerne les 9254 bureaux de poste en France.

A cela on peut ajouter les 7289 points de contacts gérés en partenariat avec des collectivités locales et des commerçants qui, s’ils mettent également à disposition des stylos du même type, rencontrent ce problème.

On peut même s’interroger sur la possibilité de rencontrer ce type de problème dans d’autres lieux publics qui mettent à disposition ce type de stylos et qui proposent des formulaires comportant une copie carbone à remplir. On imagine ainsi que des mairies peuvent être également concernées. Néanmoins, nous allons limiter le champ d’étude de notre problème aux bureaux de poste.

Quand se déroule le problème ? A quelle fréquence ?

Comme nous l’avons vu dans les causes du problème, c’est donc l’utilisation « musclée » des stylos par les usagers du bureau de poste qui les dégrade.

On peut donc considérer que l’écrasement de la mine intervient aux heures d’ouverture des bureaux de poste et ce tout au long de l’année. C’est donc un problème récurrent et durable.

Comment s’opère le problème ?

On s’intéresse ici aux stylos ainsi qu’à leur approvisionnement par le bureau de poste.

Un entretien avec un agent de la poste nous apprend qu’en effet, les mines des stylos se retrouvent régulièrement enfoncée ce qui les rend inutilisables. Seule la mine du stylo est remplacée lorsque le corps du stylo, la chaîne et le socle de celui-ci sont intacts. Une vérification montre en effet que ces stylos se dévissent et qu’il est possible de remplacer la mine.

L’agent explique que les bureaux de poste s’approvisionnent en fournitures auprès d’un fournisseur, limitant ainsi le choix des produits.

Combien cela coûte ?

Il n’a pas été possible de connaître le coût exact d’une mine de stylo achetée par un bureau de poste.

Cependant, pour notre exercice, une rapide recherche sur Internet nous apprend qu’il existe des recharges de mines pour ce type de stylos dont le coût varie de 0,38€ à 1,26€.

A l’échelle d’un bureau de poste et étant donné le faible coût d’achat d’une mine de stylo, les pertes semblent faibles mais ramenées aux 9254 bureaux de poste en France et ce sur une année, ce coût peut atteindre des milliers d’euros.

Exemple : En partant du principe que le groupe postal a négocié des tarifs avantageux auprès de son fournisseur, estimons que chaque recharge de mine lui coûte 0,20€. Imaginons qu’un bureau de poste utilise en moyenne 2 recharges de mine par mois en remplacement des mines écrasées, soit un coût de 4,8€/an. Cela représenterait un coût cumulé de plus de 44.000€/an pour l’ensemble des bureaux de poste français et de près de 80.000€/an en intégrant les points de contact.

L’enjeu de notre exercice est donc ici de trouver comment faire des économies ou comment rationaliser l’utilisation des stylos.

Des idées ?

Après avoir bien défini le problème et pris connaissance des composantes de celui-ci, nous pouvons réfléchir à des solutions.

La méthode QQOQCCP se concentre particulièrement sur les questions Pourquoi et Combien afin de donner une analyse des causes et des modalités à mettre en place pour obtenir une solution efficace.

Nous avons ainsi identifié que le coût des stylos est assumé par le bureau de poste, qu’il concerne potentiellement tous les bureaux de poste et que donc le groupe La Poste est concerné par ce problème et ce tout au long de l’année.

Agir sur les causes ? Sur les moyens ?

Intéressons-nous tout d’abord à l’éventualité d’une modification d’une cause dans la résolution du problème, à savoir dans ce cas le fait d’enlever les copies carbones des formulaires.

Ce fait impliquerait alors de devoir remplir plusieurs fois le même formulaire et donc une perte de temps pour l’utilisateur. Cette solution impose une régression du service qui n’est pas compatible avec la démarche d’innovation. Passons donc à autre chose.

On peut se demander pourquoi les bureaux de poste continuent de mettre à disposition ce type de stylos étant donné la propension de leur mine à s’écraser. On note ici l’inadaptation du stylo à son usage. En effet, ce stylo remplit bien sa fonction première d’écriture et de marquage sur la copie carbone mais sa durée de vie est directement impactée par son type d’utilisation. Il serait donc intéressant de réfléchir à un produit plus adapté à cette usage.

Rappelons-nous que les bureaux de poste mettent à disposition ces stylos reliés à un socle par une chaîne afin d’offrir un moyen d’écriture aux usagers tout en limitant les risques de vol du stylo. N’oublions pas non plus que le groupe postal s’approvisionne auprès d’un fournisseur unique.

On peut ainsi se demander si ce fournisseur (ou un autre) ne proposerait pas des stylos plus adaptés à un usage appuyé.

Bic CristalEn puisant dans nos connaissances et expériences, on finit par penser à un célèbre stylo à bille, le stylo Bic Cristal qui a la particularité d’avoir une mine se chargeant par l’avant du stylo. Cette particularité présente l’avantage d’une butée qui empêche l’enfoncement de la mine dans le stylo.

Existe-t-il alors des stylos à bille sur socle du même type ?

Réponse : après une rapide recherche sur Internet, on apprend que la société Bic commercialise en effet plusieurs références de stylos sur socle mais le mécanisme de ceux-ci est similaire aux autres et présente donc le même défaut.

Une solution serait donc de développer un stylo rechargeable relié à un socle par une chaîne et dont la mine se charge par l’avant sur une butée.

Notre petit exercice nous a ainsi mené à envisager un nouveau produit issue d’une innovation incrémentale appliquée à un produit existant. Dans notre cas, cette innovation se fait d’ailleurs par les fournisseurs et non par l’entité identifiée comme responsable.

L’objectif est de désacraliser l’innovation, de se rendre compte que chacun est capable d’innover et des possibilités infinies que cette dernière offre dans tous les domaines.

La finalité est également, à terme, de vous concentrer sur la recherche de problèmes dont la solution vous rendra directement service, soit en facilitant votre vie personnelle, soit en proposant des innovations concrètes dans le cadre professionnel.

Je vous invite donc à faire de même afin de développer votre acuité à discerner les problèmes, à les analyser et à trouver des solutions… en somme à innover au quotidien !

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2D-3D-4D

L'innovation dans la stratégie d'entreprise : la chaîne de valeur (2D), l’écosystème (3D) et la prospective (4D)

Lorsque l’on parle d’innovation et de techniques pour innover, l’on pourrait tout de suite penser à des outils révolutionnaires ou des méthodologies complètement nouvelles. Néanmoins, innover, ce n’est pas seulement venir avec des idées nouvelles, c’est aussi adapter des stratégies existantes dans le monde des affaires, analyser les réalités de l’entreprise et adopter en parallèle de sa stratégie d’entreprise habituelle, une stratégie d’innovation.

2D, 3D ou 4D : Business stratégies et Innovation

2D 3D 4DLa question souvent posée dans les entreprises est « comment réussir le processus d’innovation ? ». Et en général, ce ne sont pas les techniques et les recommandations qui manquent pour innover : penser différemment, chercher en dehors de l’entreprise des concepts et des partenaires, établir différentes méthodologies de financement, chercher de nouveaux business, etc.

Le fait est que toutes les entreprises ne sont pas identiques, n’évoluent pas dans les mêmes environnements, n’ont pas les mêmes organisations, ne rencontrent pas les mêmes difficultés, une activité ou une fonction principale dans une entreprise peut être secondaire dans une autre, etc.

Nous allons aborder différentes « stratégies business » qui peuvent être adaptées et redéfinies pour réussir son innovation. Chacune d’entre elles abordent différents aspects qui peuvent être pris en considération pour réussir son processus d’innovation. Leur représentation se fait en 2, 3 ou 4 dimensions dans une logique qui, partant de l’organisation interne de l’entreprise, prend en considération des éléments externes, puis la fonction temporelle.

1. La chaîne de valeur de Porter

Michael PorterLe concept de chaîne de valeur a été décrit et publié par le professeur et consultant Américain, spécialiste en économie et en stratégie d’entreprise Michael Porter. Auteur de plusieurs ouvrages sur le thème de la stratégie d’entreprise, Porter publie en 1980 « Choix stratégiques et concurrence. Techniques d’analyse des secteurs et de la concurrence dans l’industrie« , dans lequel il décrit la chaîne de valeur.

En gros, la chaîne de valeur consiste en l’analyse de l’ensemble des activités clés d’une entreprise, ainsi que de ses fonctions supports afin de déterminer les domaines dans lesquelles l’entreprise excelle et où elle peut faire encore mieux, tant le but d’avoir un avantage concurrentiel.

Selon Porter, toutes les activités ajoute de la valeur au service et/ou au(x) produit(s) de la firme. Aussi, lorsque ces fonctions sont optimisées de manière efficiente, la valeur ajoutée sera forcément supérieure aux coûts déployés pour les implémenter/gérer.

Le schéma ci-après définit les activités impliquées dans la chaîne de valeur en deux dimensions (2D), toutes contribuant à créer de la marge et de la valeur pour l’organisation.

Chaine de valeur de Porter

  • Verticalement, les activités principales : Logistique – Interne et Externe -, Production, Marketing et ventes, Services.
  • Horizontalement, les activités de soutien : infrastructures, RH, R&D/ Développement technologique, Achats.

Si à la base, le concept développé par Porter ne parlait pas explicitement d’innovation, il est intéressant de constater qu’une innovation contribue à rajouter de la valeur si la stratégie est bien gérée. L’innovation peut passer par l’amélioration des process, du canal de distribution, de la communication avec les clients, etc. comme décrit plus en détail dans le diamant d’innovation.

Dans la chaîne de valeur de Porter, l’innovation a sa place, que ce soit dans les activités de base (logistique, fabrication, commercialisation et marketing, etc.), ou dans les activités de soutien (RH, infrastructure, processus achat, etc.). Enfin, la chaîne de valeur de Porter peut servir de base à des stratégies d’entreprise pouvant déboucher sur des solutions innovantes en déterminant axes et activités à diversifier.

2. L’écosystème

L’économiste James F. Moore dans les années 1990 va transposer au monde des affaires, le concept d’écosystème écologique, définit comme « un système d’interactions entre les populations de différentes espèces vivant dans un même site et entre ces populations et le milieu physique ».

Dans son article « Predators and prey : a new ecology of competition » (Prédateurs et proies : une nouvelle écologie de la concurrence) dans la Harvard Business Review (mai-juin 93), explique que l’entreprise a des interactions avec le monde extérieur (clients, fournisseurs, concurrents, partenaires, institutions, etc.), dans des relations qui sont l’essence même d’un modèle économique.

Pour être financièrement performante, l’entreprise doit rajouter une troisième dimension (3D) à ses fonctions internes (abordées dans la chaîne de valeur), à savoir le « monde extérieur » : l’interconnexion entres ses activités principales et les acteurs externes.

Ecosystème

Un écosystème d’affaires regroupent ainsi tous les acteurs intervenant dans un domaine particulier ayant des relations économiques, quelque soit leur position et leur force dans cet espace. Comment innover dans un tel environnement ?

Pour réussir, ce qui va compter, c’est de réussir à tisser un réseau de liens entre les intervenants de son écosystème, ou encore plus fort, d’innover, en créant son propre écosystème.

Dans le premier cas, l’innovation dans un écosystème existant peut venir de différents intervenants : les employés de l’entreprise, les clients de l’entreprise (via des systèmes de communication et de remontées d’information), les partenaires et fournisseurs, la collaboration avec les concurrents ou innover pour s’adapter aux nouveautés de son écosystème.

Dans le cas de la création de son écosystème, l’exemple d’Apple est parlant. En créant et démocratisant le smartphone, la firme chère à Steve Jobs a contribué à la création de tout un écosystème : distribution et vente de l’iPhone, les applications via iTunes, les startups indépendantes créant des applications et/ou des accessoires compatibles iOS, sans parler de ses concurrents, etc.

Apple Business Ecosystem

3. La prospective

Il s’agit d’une business strategy consistant à se projeter dans le futur. Le concept est de se servir du passé et d’anticiper le futur afin de prendre des décisions stratégiques aujourd’hui. Cela permet de générer différentes possibilités de futurs afin d’entrevoir les possibles options stratégiques pour gérer les challenges et les risques possibles qui se présenteront.

Tout cela contribue donc à bâtir la capacité à penser à long terme dans le but d’apporter des réponses proactives aux changements présents. La prospective est un concept en 4 dimensions (4D) car il rajoute à l’écosystème présent des éléments temporels incluant le passé et surtout le futur. Son but est de passer de l’anticipation à l’action.

Manuel de Prospective stratégique-Michel GodetPlusieurs méthodes et approches ont été apportées par des experts en management d’entreprise tels Michel Godet dans son ouvrage « Manuel de Prospective stratégique », pour l’analyse d’une stratégie prospective dans le monde des affaires.

Dans l’ensemble, la stratégie prospective passe par 3 étapes dans lesquelles plusieurs méthodologies ou outils peuvent être utilisés. Ces 3 étapes sont : Analyser l’environnement, Anticiper les risques, Élaborer des scénarios.

La stratégie prospective est parfaitement compatible avec l’innovation. Elle permet d’anticiper, d’identifier les opportunités, de prendre des risques, d’élaborer des scénarios, de créer du besoin, etc. Tout ce qui favorise l’innovation ! Et cela peut s’appliquer à n’importe quel type d’organisations.

Prospective

Business Strategy et Innovation, ça marche !

L’innovation doit faire partie intégrante d’une stratégie d’entreprise. Chaque entreprise ayant ses spécificités et l’innovation n’étant pas seulement technologique, elle peut intervenir sur n’importe quelle ligne d’une organisation.

Aussi, que ce soit en 2D avec la chaîne de Porter (Activités Principales et Activités annexes), en 3D avec l’écosystème (Chaines de Porter + Environnement externe) ou en 4D avec la stratégie prospective (Écosystème + Analyse du Futur), la stratégie d’innovation peut totalement se fondre dans n’importe quel type de stratégies d’entreprise.

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Innovation Diamond

Le Diamant de l'innovation ou comment innover par la connaissance ?

 “L’innovation est une alliance entre recherche, marketing, instinct, imagination, produit et courage industriel.” Antoine Riboud, président, fondateur de Danone.

Dans nos précédents billets, nous avons abordé différentes techniques et méthodes pour inciter à l’innovation ou pour mettre en place une stratégie d’innovation efficace. Mais avons-nous déjà défini ce qu’était l’innovation, comment elle était générée et quelles en étaient les composantes ? C’est ce qu’explique correctement le diamant de l’innovation, concept défini par Marc Giget.

Le Diamant de l’innovation : sortir des sentiers battus

Marc Giget
Marc Giget

L’outil « Le diamant de l’innovation » a été imaginé par Marc Giget afin d’apporter les points forts de l’innovation dans les services dans le domaine industriel.

Marc Giget est un chercheur, consultant, docteur en économie internationale, spécialiste des questions économiques et des process d’Innovation.

Auteur de plusieurs articles et ouvrages sur ce thème, le Français est un expert des stratégies d’innovation, fondateur d’organismes tels que l’Euroconsult, l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation, le Club de Paris des Directeurs de l’Innovation ou d’événements tels que les Mardis de l’innovation.

Il aborde le concept de « Diamant de l’Innovation » dans son livre « La dynamique stratégique de l’innovation » en 1998 qui examine les complexités des opportunités, ainsi que les challenges du projet d’innovation.

Définir cette notion de diamant de l’innovation, c’est l’art de faire communiquer entre elles les cinq fonctions clés dans une société par 10 axes de communication desquels peuvent émerger un projet d’innovation. Représentant la forme géométrique d’un diamant, ces interactions illustrent toutes les interactions entre ces éléments dans une entreprise quelle qu’elle soit, dans le but d’être plus innovant. Le diamant prend en considération tous les axes et les dimensions de l’innovation.

Interaction entre fonctions de l’entreprise

Selon Giget, les 5 fonctions majeures de l’entreprise qui représentent la base du diamant et qui doivent être systématiquement importants et analysés sont :

  • Recherche et développement (R&D)
  • Production (Prod)
  • Marketing et vente (M&V)
  • Ressources humaines (RH)
  • Ressources financières (RF)

Le diamant énumère 5 fonctions fondamentales : deux fonctions « ressources« , humaines et financières et trois fonctions techniques ou pratiques – souvent classiques – : production, marketing et vente, recherche et développement

En connectant ces fonctions entre elles, les axes décrivent toutes les lignes à prendre en compte systématiquement dans un projet d’innovation.

Dix faces Diamant de l'innovation
Le triangle formé par les processus classiques (R&D, Production et Vente) se transforme pour prendre en considération les finances et l’humain. Les interactions entre ces divers éléments sont importantes car elles définissent le bon fonctionnement du projet d’innovation. Aucun axe n’est prioritaire car l’innovation peut surgir de n’importe lequel.

Les dix faces du « Diamant de l’innovation »

Dix axes de communication sont définis dans le diamant de l’innovation et chaque axe relie une fonction de l’entreprise à une autre, ce qui permet au final à tous les acteurs d’interagir entre eux par divers moyens. Ces 10 axes de communication formant le diamant sont donc :

  1. Innovation de produit (Entre la R&D et le marketing) : le pôle recherche et développement travaille avec le marketing et vente pour créer et imaginer un produit.
  2. Autogestion, participation et intéressement (RH <-> RF) : la connexion entre les ressources financières et humaines permet de gérer le type d’investissement le mieux adapté au projet d’innovation.
  3. Innovation dans la gestion des personnels de recherche (RH <-> R&D) : ce type d’innovation découle de l’interaction entre le staff et le pôle recherche et développement.
  4. Innovation au niveau des forces de vente (RH <-> M&V) : promouvoir l’innovation au niveau de la force de vente qui passe par l’axe de communication entre le pôle RH et celui du marketing et de la vente.
  5. Innovation de financement des ventes (M&V <-> RF) : cet axe est généré par le mix des fonctions d’innovation Financier et Vente.
  6. Innovation de financement de la R&D (R&D <-> RF) : dans la même logique, le financement de la Recherche et développement passe par l’interaction entre les services R&D et les ressources financières de l’entreprise.
  7. Innovation de process (R&D <-> Prod) : dans une relation classique, l’innovation des process provient de la synergie entre les processus R&D et Production.
  8. Innovation sociale et d’organisation (RH <-> Prod) : innover pour améliorer la productivité et climat social, en termes d’organisation notamment se fait par la combinaison des pôles RH et Production.
  9. Innovation de distribution (RH <-> RF) : réduire ou minimiser les coûts de distribution nécessite l’optimisation des ressources financières et humaines.
  10. Innovation de financement de la production (Prod <-> RF) : innover dans le financement de la production passe par le rapprochement des ressources financières et du processus de production.

Diamant de l'innovation

Faire briller son diamant de l’innovation

Ce diamant met en évidence de nombreux aspects qui permettent d’utiliser toutes les options possibles pour stimuler la créativité et la prise de risque nécessaire pour innover, du moment que cela ne se réduit pas uniquement à l’innovation technique ou technologique des produits. Il permet ainsi de prendre en considération tous les éléments intervenant dans un processus d’innovation.

Par exemple, un service fourni à un utilisateur donné étant jugé de manière globale – qualité et efficacité -. Aussi, toute innovation affectant ne serait-ce qu’un élément de ce service devra être également évalué d’un point de vue global. Par conséquent, dans le cas où une entreprise qui fournit un service décide d’innover, elle veillera à inclure de manière cohérente les divers éléments intervenants dans la prestation de ce service.

Plus concrètement, appliquer le diamant de l’innovation de Marc Giget, c’est faire un compromis entre innover, valoriser et optimiser : réduire les coûts, améliorer les performances, apporter du changement, créer de nouveaux services/produits, nouvelles méthodes d’investissements, prise de risque des managers, liberté de créativité accordée aux salariés ou collaboration interne/externe, etc. , avec une ouverture de la réflexion à tous les corps de métier de l’entreprise.

Innovation

Selon Marc Giget, la connaissance doit être le moteur de l’innovation car tout le monde peut avoir une idée et peut proposer. L’échange et la diversité des idées peuvent engendrer des innovations basées sur la connaissance plutôt que sur la technologie et la recherche scientifique uniquement (souvent des innovations produit).

Nous pouvons ainsi lister comme autres types d’innovations : l’exemple de Tupperware et ses clients relais (innovation de distribution), le crowdfunding – ou financement participatif – (innovation de financement), la Grameen Bank et la micro-finance en général (innovation sociale), le e-commerce , Airbnb ou Uber (innovation de process), le marketing -ou vente- direct-e- ou encore le sponsoring (innovation des forces de vente), etc.

Le Diamant de l’innovation : notre conclusion

En conclusion, s’il est certain que la technologie joue un rôle important dans l’innovation et lui est souvent associée, il ne faut pas oublier qu’à la genèse de tout changement, il y a une idée. Cette idée naît d’un besoin, d’une envie, d’une volonté d’améliorer ou d’apporter une solution nouvelle, etc.

Pour réussir à bien appliquer un projet d’innovation par la connaissance, trois étapes importantes sont à respecter globalement : la génération d’idées (comment définir le besoin, être créatif, etc.), la conceptualisation (intégration des éléments de connaissance, technologie, coûts, services, etc.), la mise sur le marché (marketing, utilisation des technologies, etc.).

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6 Sigma

La méthode Six Sigma pour améliorer les processus et innover !

L’innovation est un élément essentiel pour qu’une entreprise puisse bien avancer. Cela, tous les dirigeants en sont conscients et font leur possible pour aller dans ce sens. Toutefois, cela est difficile (voire impossible) sans stratégie ! C’est pourquoi la plupart des grandes entreprises de nos jours procèdent avec méthode et stratégie dans le développement de leurs activités.

Tel est par exemple le cas de Motorola qui, dans les années 80, a mis au point ce que l’on appelle la méthode Six Sigma. Cette technique est un succès et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle d’autres groupes industriels l’ont repris pour pouvoir aussi l’appliquer et profiter de ses avantages.

Vous aussi, vous aimeriez en savoir davantage sur la méthode Six Sigma ? C’est une excellente idée ! Elle peut en effet vous être d’une très grande utilité dans l’amélioration et le développement des activités que vous entreprenez. Pour vous aider, nous allons vous parler dans cet article de tout ce qu’il faut savoir sur la méthode Six Sigma. Et pour cela, nous allons commencer par une petite définition.

Méthode Six Sigma : de quoi parle-t-on exactement ?

Mikel J. Harry
Mikel J. Harry

La méthode Six Sigma est une méthodologie mise au point par Mikel Harry, un ingénieur de la compagnie Motorola dans les années 80. Elle est née dans un contexte assez particulier. En effet, durant cette période, la firme américaine avait d’énormes soucis de satisfaction client. C’est ainsi qu’elle a élaboré cette méthode, le but étant d’optimiser les processus de fabrication des produits.

Pour ceux qui ont des notions en statistiques, le terme « Sigma » ne devrait pas vous être étranger. Il s’agit en effet d’un écart type, c’est-à-dire l’intervalle autour de la moyenne des éléments analysés.

La méthode Six Sigma consiste donc à réduire le plus possible les possibilités de variations et de défauts des éléments du process étudiés pour qu’ils s’inscrivent dans un intervalle allant jusqu’à 6 fois l’écart type. Cela permet par conséquent d’obtenir des produits fiables.

Grâce à ses nombreux atouts, elle s’applique de nos jours dans un grand nombre de domaines dont la gestion des affaires, la résolution des problèmes et bien d’autres encore. Mais comme elle est surtout utilisée dans le domaine de la satisfaction client, la méthode Six Sigma repose sur deux principaux axes :

  • Les avis des clients : pour les obtenir, on utilise ici plusieurs techniques, dont les sondages et les questionnaires de satisfaction.
  • Les données provenant de différents indicateurs, dont les ventes, la fidélité et les statistiques.

Quel est l’intérêt de la méthode Six Sigma ?

motorola logo

La méthode Six Sigma est aujourd’hui très utilisée et il y a bien des raisons pour cela. Si elle a su attirer un grand nombre d’utilisateurs, c’est avant tout grâce aux multiples avantages qu’elle présente. Elle permet dans un premier temps d’assurer une amélioration rapide et continue des process en procédant par élimination de la variation.

Ce qui contribue à améliorer les process eux-mêmes, mais aussi les produits et services fournis par l’entreprise. La réduction des coûts constitue également un avantage considérable et bien sûr, la satisfaction des clients sera au rendez-vous.

Les Axiomes Six Sigma

La méthode Six Sigma repose sur six axiomes bien définis :

  • Tous les process possèdent de la variabilité ;
  • Chaque variabilité est associée à des causes spécifiques ;
  • Les causes en général sont peu nombreuses ;
  • La connaissance des causes devrait permettre de les contrôler ;
  • Les conceptions doivent donner naissance à des process solides aux variations restantes ;
  • Cela est vrai pour les process, les produits, les transferts, les services.

Comment appliquer Six Sigma ?

Pour appliquer efficacement la méthode Six Sigma, il faudra passer par 5 étapes. Afin de mieux les retenir, on les a contractés dans l’acronyme « DMAIC » qui se développe en anglais par : Define, Measure, Analyse, Improve, Control. En français, on obtient Définir, mesurer, analyser, améliorer, maîtriser.

Pour que la méthode soit efficace et atteigne le but escompté, il est nécessaire de bien suivre ces étapes :

  • Définir : dans cette première étape, il est question de définir le projet ainsi que le processus que l’on souhaite améliorer. Il conviendra également d’identifier les différents gains et d’essayer de comprendre ce que les clients attendent ainsi que les Critical To Quality (CTQ) que l’on connait également sous le signe Yi. C’est aussi dans cette première étape que procède à l’identification des facteurs influents du processus ou Xi.
  • Mesurer : cette seconde étape consiste à mettre le process sous monitoring afin de mesurer les Yi et les Xi en même temps. Mais auparavant, il faudra vérifier la capabilité des processus de mesure (R&R, kappa).
  • Analyser : il faudra ici analyser les données afin d’identifier les facteurs Xi qui influent le plus sur les Yi.
  • Améliorer : déterminer les actions qu’il faudra mener pour améliorer les Xi les plus influentes. Ici, on peut se servir de différents outils comme les plans d’action AMDEC ou poka yoke par exemple.
  • Maîtriser : pour la cinquième et dernière étape, il faudra élaborer des outils pour piloter le processus.

Ces étapes doivent nécessairement être respectées pour que la méthode Six Sigma puisse être efficace. Et d’ailleurs, en fonction de vos objectifs, il est aussi possible de l’associer avec d’autres méthodes. C’est par exemple de cette manière que l’on a pu obtenir le « Lean 6 Sigma » et le « Design for 6 Sigma ».

Le « Lean 6 Sigma » et le « Design for 6 Sigma »

Comme nous venons de le dire dans le paragraphe précédent, il s’agit de méthodes issues du Six Sigma. En ce qui concerne le « Lean 6 Sigma », c’est une méthode qui permet d’améliorer spécifiquement le processus de production en éliminant tout ce qui est superflu.

Elle permet par exemple de réduire les temps de travail et les temps d’attente. Cela va se traduire par la suite par une plus grande efficacité.

Par ailleurs, le « Design for 6 Sigma » se présente comme la méthode Six Sigma, mais il s’oriente plus vers la création de nouveaux processus ou de nouveaux produits. Celle-ci intervient surtout quand l’amélioration d’un processus n’est plus possible alors qu’il ne répond pas aux attentes des clients.

La méthode Six Sigma, notre conclusion

Bref, dans l’ensemble, la méthode Six Sigma est un excellent outil pour améliorer le mieux possible un processus ou un produit. Comme nous l’avons répété dans cet article, son but ultime est la satisfaction des clients. Toutefois, afin que cela soit efficace, il est important de suivre les méthodes proposées et de les appliquer comme il faut.

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Synectics

La synectique, une méthode créative de résolution de problèmes !

Aucune organisation n’est exempte de problèmes ou de dysfonctionnements en tous genres. On peut même dire qu’il s’agit là d’éléments inhérents à toute organisation et avec lesquels elle doit toujours vivre. Mais pour avancer, il est important de pouvoir bien les gérer et les résoudre. C’est le seul moyen pour l’entreprise de réussir dans les activités qu’elle entreprend et d’atteindre les objectifs qu’elle s’est posés. Pour cela, plusieurs techniques peuvent être utilisées. Parmi les plus connues ces dernières années, on peut citer la Roue de Deming, la méthode du DMAIC, le Rapport A3 et bien d’autres encore.

Mais dans le cadre de cet article, nous allons vous présenter une tout autre méthode de résolution de problèmes. Elle existe depuis des décennies et a déjà fait ses preuves dans différents types d’entreprise. On parle plus précisément ici de la Synectique de W.J.J. Gordon. Il s’agit d’une méthode de résolution de problèmes. Toutefois, elle est aussi très utilisée dans le domaine de la créativité et l’innovation dans les entreprises. Focus sur cette méthode, son origine, sa méthodologie et son déroulement.

Qu’est-ce que la synectique ?

Synectics bookComme nous l’avons déjà évoqué dans le paragraphe précédent, la synectique est une méthode de résolution de problèmes et de créativité. Elle a été conçue pour permettre à un groupe ou une organisation de trouver rapidement des solutions à leurs problèmes et aussi de passer à l’innovation.

Globalement, cette méthode consiste en la transposition consciente d’un problème d’un champ d’application de départ à un autre champ d’application qui lui est opposé. Ce qui permet alors de générer de nouvelles idées et de booster la créativité des participants. Des solutions inattendues et innovantes peuvent également en surgir et c’est là tout l’intérêt de la Synectique.

D’où vient la synectique ?

William J.J. Gordon
William J.J. Gordon

Sa conception et son développement débutent en 1944. Il s’agit du fruit d’un long programme de recherches mené par le psychologue et inventeur William J.J. Gordon ainsi que par George M. Prince.

Au début, ils cherchaient tout simplement à aider des clients à trouver aisément des idées afin de les mener à la résolution de problèmes spécifiques. Mais au fil du temps, ces idées sont devenues une véritable méthode et ont été appliquées dans divers domaines. L’objectif de la synectique est notamment d’amener les individus à considérer leurs problèmes sous des angles différents.

Dans la pratique, cela se fait en petit groupe de 6 à 10 personnes. Cependant, cette méthode peut aussi s’appliquer avec des groupes plus importants.

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George M. Prince

La méthodologie de George M. Prince sur la synectique

La synectique se présente comme une alternative intéressante à la méthode de Brainstorming. Les buts sont les mêmes, mais les techniques utilisées sont différentes, voire opposées.

Si le brainstorming se fonde surtout sur une démarche empirique, la synectique opte en revanche sur une recherche théorique approfondie. Son but étant de s’attaquer aux mystères de l’invention afin de mieux comprendre ce qui se passe au point précis de l’activité créatrice elle-même.

Dans la pratique, la synectique s’applique suivant une démarche bien définie. Telle qu’il est dit plus haut, la technique consiste ici à aborder un problème à travers différents regards et par une approche différente que les moyens traditionnels de génération d’idées (le Brainstorming par exemple).

Dans la synectique, on compte généralement trois types d’intervenant :

  • Le Client : c’est celui qui souhaite considérer le problème avec d’autres manières et d’autres yeux dans l’espoir et le but de trouver de nouvelles idées qui soient innovantes et inattendues.
  • Le Moniteur : c’est celui qui maîtrise déjà très bien la synectique et qui connait parfaitement les différentes étapes auxquelles il faudra passer pour que ce soit efficace. Il s’agit donc d’un élément essentiel qui contribuera à la réussite de la synectique.
  • Le Groupe : c’est le troisième et dernier intervenant dans la synectique. Le groupe se compose de 6 à 10 individus et son rôle sera de participer activement à la naissance et à la génération de nouvelles idées et solutions aux problèmes précédemment posés.

Comment mettre en place la synectique ?

La mise en œuvre de la synectique se fait en plusieurs phases. Le nombre des étapes n’est pas souvent le même, mais en général, elles se ressemblent toutes.

Dans cet article, nous allons vous présenter 10 phases d’application de la synectique :

  1. Analyse du problème : le problème doit ici être étudié attentivement et pour cela, il conviendra de répondre aux différentes questions posées par le groupe.
  2. Proposition de solutions spontanées : cette phase consiste à trouver spontanément des solutions et à les noter afin que les participants puissent tous les voir.
  3. Reformulation du problème : l’idée est ici de demander à tous les participants de reformuler le problème. Cela permettra ainsi de le voir sous un autre point de vue. On doit essayer de s’éloigner un peu du problème et de procéder à une réflexion abstraite.
  4. Analogies directes : ici, il faudra tirer les premières analogies directes à partir d’un domaine spécifique. Et pour que ce soit efficace, il est important que chaque participant soit en mesure de maîtriser le domaine utilisé.
  5. Analogies personnelles : tous les participants doivent maintenant développer et proposer une analogie personnelle. Afin de leur faciliter la tâche, il convient de leur proposer et de leur laisser le choix d’opter pour une comparaison directe.
  6. Analogies symboliques : on incite les participants à choisir une analogie. On leur demande ensuite de la traiter d’une façon inhabituelle, symbolique ou encore paradoxale.
  7. Une seconde analogie directe : il faudra encore ici trouver des analogies directes, lesquelles doivent être issues du même domaine thématique.
  8. Analyse de l’analogie directe : dans cette phase, on procède à l’analyse des traits caractéristiques et des principes de fonctionnement de l’une des analogies que l’on a trouvées au cours de la phase précédente (phase 7).
  9. Application au problème : maintenant que tout est en place, il faudra passer à l’application en mettant en rapport les analogies et le problème.
  10. Formulation des solutions : enfin, la synectique se termine par la formulation de solutions en se basant sur les idées identifiées.

Infographie-la-synectique

En conclusion, maintenant que vous avez une idée assez précise de la méthode de la synectique, vous pouvez l’utiliser pour résoudre vos problèmes et booster votre créativité. Très utilisée dans le monde professionnel, cette technique est efficace. Il faudra tout simplement bien l’appliquer et tenir compte de toutes les démarches et étapes que nous avons décrites dans les paragraphes précédents.

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CIRCEPT

Structurez vos idées simplement grâce à la méthode CIRCEPT !

Que veulent toutes les entreprises de nos jours ? L’innovation ! En effet, qu’y a-t-il de mieux pour attirer les clients que de leur proposer des produits innovants ? En se démarquant des autres, on peut facilement vendre et développer ses activités. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas si facile d’innover ! Il faudra passer par plusieurs étapes, en commençant bien sûr par la recherche de nouvelles idées.

Des idées qu’il convient par la suite de bien organiser afin de développer des stratégies de développement efficaces. En ce qui concerne ce dernier point, il existe différentes techniques d’organisation des idées. Sur ce blog, nous vous avons déjà parlé de la méthode du Mind mapping, laquelle constitue un élément essentiel dans le processus de créativité et d’innovation.

Aujourd’hui, nous allons vous présenter une autre méthode aussi efficace que le mind mapping et qui constitue même une alternative au cas où vous ne seriez pas très à l’aise avec cette dernière. Nous parlons plus précisément ici de la méthode CIRCEPT. Focus sur ce nouvel outil d’organisation des idées.

Qu’est-ce que le CIRCEPT ?

Le CIRCEPT est avant tout une technique de créativité. En d’autres termes, il permet de trouver de nouvelles idées et de bien les organiser. Le terme vient notamment de l’association de deux mots : « CIRculaire et conCEPT ». Il s’agit d’un outil élaboré et mis au point par le sociologue Michel Fustier.

Son objectif est de concevoir un système de représentation à partir d’un thème central. Pour être plus clair, la méthode consiste à associer des idées et des jugements formulés spontanément par rapport à un concept donné. On peut aussi considérer le CIRCEPT comme une représentation synthétique et dynamique du territoire sémantique d’un concept. Très utilisé dans les entreprises, cet outil d’organisation des idées leur permet de définir des axes autour desquels on peut décliner un projet quelconque.

Comment appliquer la méthode CIRCEPT

Le CIRCEPT est une technique de créativité ! Il est associé à une méthodologie spécifique dont le respect garantit son efficacité. Avant d’entrer dans le vif de ce sujet, il convient de noter ici que cette méthode peut s’appliquer individuellement ou en groupe. Que ce soit dans l’un ou l’autre cas, la démarche demeure la même et il faudra tout simplement la suivre. La conception d’un CIRCEPT passe nécessairement par trois étapes principales :

1. Inventaire des idées contenues dans un thème principal

Dans cette première phase de la démarche, on doit inventorier tous les mots ou associations d’idées qui se rapportent au thème central. Ici, chaque membre du groupe doit pouvoir en fournir puisqu’il s’agira de rassembler le maximum d’idées possibles.

Même si certaines idées semblent assez éloignées du thème central, il faudra les prendre en compte et l’inscrire autour d’un axe. Bien sûr, il est possible de se servir pour cela des différentes techniques de génération d’idées comme le Brainstorming, le dodécaèdre de Roger Von Oech ou encore la technique de la fleur de lotus.

2. Classification des termes obtenus par famille et par liaison

Une fois que chaque membre du groupe a noté toutes les idées qu’il a trouvées durant sa phase de remue-méninges, il faudra maintenant les mettre en commun et les classifier. La classification se fait ici par groupes de mots-clés sélectionnés par famille et par liaison.

Il faudra mettre ensemble les idées en fonction de leur proximité afin d’ensuite pouvoir donner un titre général à chaque groupe d’idées. Pour faciliter la tâche, il est conseillé ici d’utiliser des post-it sur lesquels il faudra recopier les mots obtenus. On procède ensuite par comparaison afin de trouver ceux qui sont liés ou qui s’opposent.

3. Élaboration du CIRCEPT

Maintenant que vous avez fini de classifier tous les mots et associations d’idées, il ne reste plus qu’à élaborer votre CIRCEPT. Pour ce faire, vous devez d’abord définir deux axes au sein d’un cercle. Donnez ensuite un nom aux axes qui partagent les familles constituées.

Pour continuer à avancer dans votre projet, vous devez dresser une définition linéaire. Pour ce faire, vous pouvez partir d’un mot du CIRCEPT et concevoir une phrase en vous servant successivement des mots rencontrés en suivant un cheminement quelconque (de gauche à droite par exemple).

Quand et où appliquer le CIRCEPT ?

Comme vous pouvez voir à travers le développement dans les paragraphes précédents, la méthode CIRCEPT est à la fois pratique et efficace pour trouver et organiser des idées. Dans cette optique, il peut donc intervenir dans divers domaines et possède plusieurs champs d’application.

Tout d’abord, on peut se servir du CIRCEPT pour trouver et organiser des idées relatives au développement d’un nouveau projet. Cette technique s’adresse donc avant tout aux entreprises qui désirent innover. Elle leur permettra d’avoir un aperçu global des différentes dimensions dans lesquelles leur projet s’inscrit.

Ce qui leur donnera par la suite une meilleure orientation de la réflexion afin de faciliter la prise de décision. Généralement, on utilise la méthode CIRCEPT dans trois principaux domaines : la communication, la créativité et l’évaluation.

Méthode CIRCEPT : cas concret d’utilisation

Parmi les exemples que l’on utilise le plus souvent pour comprendre la méthode CIRCEPT, on a celui du mot « canne » dont le CIRCEPT donne le schéma suivant :

CIRCEPT - Exemple Canne

Ici, comme vous pouvez le voir à travers ce schéma, le thème central est constitué par « Canne ». Il s’agit d’une tige ou d’un bâton sur lequel on s’appuie pour marcher. Les associations d’idées qui lui sont familières sont affichées là et elles sont classées en fonction des ressemblances et de liaisons. Lesquelles sont ici séparées par des axes structurants. Il ne s’agit là que d’un exemple et comme on vous l’a déjà dit, le CIRCEPT peut s’appliquer à un grand nombre de domaines et peut être pratiqué en groupe ou individuellement.

Enfin, pour tous ceux qui ont besoin d’innover et qui recherchent un moyen efficace pour organiser leurs idées, le CIRCEPT est un excellent outil. En appliquant cette méthode, vous pouvez efficacement organiser vos idées et avancer dans votre projet d’innovation. La méthode CIRCEPT est facile à appliquer et ses résultats sont dans la plupart des cas positifs. Toutefois, comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, il est important de bien suivre la démarche.

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Incremental Innovation Defects analysis

Innovation incrémentale : comment innover grâce à l’analyse défectuologique ?

L’innovation se trouve de nos jours au cœur des stratégies de développement de toutes les entreprises. C’est en effet devenu un élément incontournable pour chacune d’entre elles. L’innovation leur permet de se démarquer de la concurrence, d’attirer des clients et de maximiser leur profit.

Toutefois, comme la réalité le montre aussi bien, il n’est pas toujours facile d’innover ! Bien que l’on ait la volonté de le faire et que l’on ait à sa disposition tous les moyens nécessaires, l’innovation ne se réalise pas du jour au lendemain. C’est la raison pour laquelle il est souvent recommandé de porter un regard critique mais constructif sur son organisation, ses produits, ses services, etc.

C’est précisément l’objet du présent article ! Nous allons vous parler ici de l’analyse défectuologique et de son utilité dans le cadre de l’innovation incrémentale ou de l’amélioration continue. Commençons donc par définir chacun d’entre eux afin de mieux appréhender le sujet.

Qu’est-ce que l’innovation incrémentale ou l’amélioration continue ?

L’innovation incrémentale figure avant tout parmi les 4 principaux types d’innovation. Elle s’oppose à ce que l’on appelle innovation de rupture, et ce, bien que les deux supposent l’introduction de quelque chose de nouveau.

En effet, l’innovation de rupture se veut « radicale » dans sa démarche en exprimant le fait de rompre directement avec ce qui existe. L’innovation incrémentale se veut quant à elle plus prudente et suppose une amélioration continue d’un produit ou d’un service.

En d’autres termes, il n’y a pas ici besoin de changer de modèles économiques, de fournisseurs ou encore de distributeurs selon le cas. On maintient ce qui est déjà existant tout en essayant de l’améliorer grâce à l’ajout d’éléments nouveaux, sans pour autant le transformer foncièrement.

Innovation et process, quelques exemples

Bref, cette définition de Patrice Noailles peut très bien résumer tout ce qui a été dit plus haut : « Dans le cas d’une innovation incrémentale, il s’agit généralement d’une petite amélioration technique ou organisationnelle, voire d’une adaptation du modèle économique. Cette « petite » amélioration ne nécessite qu’assez peu ou pas d’opérations complexes. L’accord des utilisateurs est souvent acquis d’avance. »

Par ailleurs, il est important de bien souligner ce que l’on entend par amélioration continue. Pour commencer, le terme est originellement tiré du terme japonais « Kaizen ». Etymologiquement, celui-ci vient de deux idéogrammes chinois à savoir « Kai », lequel signifie changement, et « Zen » que l’on peut traduire par meilleur. Et comme nous l’avons déjà dit plus haut, Kaizen signifie en français amélioration continue. Il est bon de préciser ici que Kaizen n’est pas du tout un outil ou une méthode.

Il s’agit plutôt d’un mode de pensée qui ne se contente ni ne se satisfait de la situation qui existe. On s’efforce donc de l’améliorer constamment et de manière graduelle afin de parvenir à une situation meilleure. Toutefois, contrairement à ce que l’on a tendance à croire dans le cadre de la pensée occidentale, l’amélioration continue ne consiste pas en une rupture. Elle implique une amélioration sans investissements ni usage de moyens conséquents. Elle se fait petit à petit et jour après jour.

Qu’entend-t-on par analyse défectuologique ?

L’analyse défectuologique intervient souvent dans le cadre d’une innovation incrémentale. Cette méthode aide en effet à mieux cerner les améliorations et à avancer. En principe, il s’agit d’une méthode d’analyse consistant à porter un regard critique sur le fonctionnement d’un service ou l’utilisation d’un produit.

Néanmoins, en plus d’être critique, ce regard doit aussi être constructif. Autrement dit, il doit avoir comme objectif d’améliorer le fonctionnement ou les caractéristiques en question du service (ou du produit). Et bien sûr, comme il s’agit là d’une méthode, il existe une démarche spécifique à suivre afin qu’elle soit efficace.

Pourquoi utiliser l’analyse défectuologique en matière d’innovation incrémentale ?

Tel que nous l’avons déjà expliquer ci-dessus, l’analyse défectuologique permet de bien entamer une amélioration continue ou une innovation incrémentale. Elle offre la possibilité à ses pratiquants de déterminer et d’identifier les divers problèmes endiguant le développement ou l’amélioration d’un produit ou d’un service. Ce qui leur permettra par la suite d’attirer encore plus de clients et de mieux se positionner sur le marché.

D’ailleurs, les données obtenues grâce à cette analyse permettront également d’identifier les faiblesses et de ne plus commettre les mêmes erreurs à l’avenir. Cela concerne aussi bien le produit actuel que les produits que l’entreprise concevra à l’avenir.

Comment mener une analyse défectuologique ?

Une analyse défectuologique ne se fait pas n’importe comment. Il existe en effet une démarche spécifique à suivre afin de garantir une meilleure efficacité et atteindre les objectifs fixés.

Tout d’abord, il faut bien cerner et définir le sujet à analyser : un produit, un service, un projet… Ensuite il vous faut constituer un groupe de travail. Les personnes à impliquer peuvent venir de différents domaines ce qui permet d’avoir des points de vue différents afin d’identifier le plus de défauts et d’axes d’amélioration possibles.

Dans un premier temps, il faudra donc déterminer tous les défauts, les lacunes et tous les problèmes qu’affiche le produit ou le service. Ici, il peut être nécessaire de se servir d’une grille d’analyse qui facilitera le traitement du sujet en établissant les thématiques à aborder et les questions à se poser.

Vos réflexions peuvent tourner autour des thématiques suivantes :

  • Les caractéristiques du produit ou du service
  • Le mode d’utilisation : fonctionnement
  • L’aspect : forme, matériau, volume, poids, design, positionnement…
  • L’usage : commodité, solidité, fiabilité, écologie…
  • L’utilité : niveau de satisfaction, efficacité…
  • La satisfaction des besoins
  • Le conditonnement : adéquation, adaptabilité, sécurité, efficacité…
  • L’accessibilité : canaux de dsitribution, lieux de ventes, délais, horaires…
  • Le prix : adéquation du prix, réduction possible, moyens de paiement, transparence…
  • L’image : image, réputation…
  • Autres : adéquation avec la législation, fidélisation des clients, intéractions avec d’autres produits/services, concurrence…

Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive, mais elle vous donne un aperçu global de comment se fait l’analyse défectuologique d’un produit.

Vous pouvez utiliser la technique du Brainstorming afin de répondre aux questions soulevées. Cette technique vous permettra d’identifier et de recenser tous les défauts et problèmes du sujet ou produit étudié. Cependant, il faudra faire attention ici à ne pas négliger les bons points et les qualités dont disposent déjà le produit. Ceux-ci devront nécessairement être préservés pour pouvoir être utilisés lors de l’amélioration du produit.

Après avoir inventorié les défauts et lacunes, il faudra les classer par ordre d’importance. Enfin, vous devez reprendre chacun des problèmes identifiés et trouver des solutions, toujours grâce au Brainstorming.

Enfin, maintenant que vous savez tout ce qu’il faut savoir sur l’analyse défectuologique et l’innovation incrémentale, vous pouvez l’appliquer dans le cadre de votre entreprise et essayer par conséquent d’améliorer vos produits et services graduellement. Ce qui contribuera dans un premier temps à innover, mais favorisera aussi le développement et la croissance de votre entreprise.

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Collective Intelligence Innovation

Intelligence collective : l'union fait l'innovation !

D’une notion philosophique et scientifique inspirée de la nature, s’est développé un concept d’innovation qui consiste à faire profiter de manière optimale à la collectivité des compétences intellectuelles de chacun de ses membres.

Qu’est-ce que l’intelligence collective ?

Intelligence-collective-bulle

D’un point de vue théorique, l’intelligence collective est la résultante de l’intelligence partagée par un groupe au travers des diverses interactions (collaboration, efforts collectifs ou la saine concurrence, …) entre chacun des individus qui le compose. En d’autres mots, c’est la capacité d’une communauté de personnes à être plus efficientes ensemble que les plus intelligents de ses individualités elles-mêmes.

Quels sont les avantages de l’intelligence collective ?

L'intelligence collective-Pierre LévyDans son livre L’intelligence collective. Pour une anthropologie du cyberespace en 1994, le philosophe et chercheur français, Pierre Lévy la définit comme une intelligence qui est « partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences ». Il ajoute que ce concept se base sur deux principes :

  • chaque humain dispose de son propre intellect qu’il peut utiliser à bon escient
  • il existe donc une intelligence collective plus forte et plus effective, en incorporant tous les savoirs individuels.

Cette dernière forme ne se met pas en place spontanément mais se construit au fil du temps, en surmontant les épreuves et les dissensions et en résistant, voire en s’adaptant à l’environnement.

L’intelligence collective, c’est donc la capacité d’un groupe (d’une entreprise) à collaborer efficacement ensemble.

Notion d’intelligence collective dans la nature

Avant d’être décrite par Lévy, puis démocratisée grâce à Internet, la notion d’intelligence collective était déjà superbement exécutée dans la nature aux travers du règne animal et étudiée en détail par les scientifiques, notamment en sciences naturelles… Prenez l’exemple des fourmis ou encore des termites, des abeilles et d’autres types d’insectes dits sociaux.

Intelligence collective fourmis
Bien que chaque fourmi prise individuellement dans une colonie ne présente pas nécessairement de capacité cognitive importante, son intégration dans la communauté se fait par le biais d’interactions avec les autres, via des signaux, dans un cadre et des rôles plus ou moins définis. Le but principal de ce travail collaboratif chez ce type d’insectes étant de résoudre des problèmes, mais aussi d’optimiser l’énergie et la force.

Jusque là, un secteur avait parfaitement intégré le principe d’intelligence collective en étudiant dans le détail ces comportements des insectes sociaux ou d’autres animaux communautaires : l’ingénierie, et plus tard l’informatique (algorithmique, système multi-agent, etc.).

En allant plus loin dans l’analyse et en étudiant plutôt les êtres humains, Jean-François Noubel, chercheur-formateur français (ex-cofondateur d’AOL France, désormais consultant en Intelligence Collective) dans un essai passionnant, Intelligence collective, la révolution invisible, décrit différents niveaux d’intelligences collectives.

Comment développer l’intelligence collective ?

Découvrez, dans la suite de ce contenu, les trois formes identifiées, d’intelligence collective humaine !

1. L’intelligence collective (IC) originelle

C’est celle que chacun d’entre nous est capable d’utiliser en petit groupe de façon presque instinctive : dans une équipe de sport collectif, un groupe musical, une troupe, en vie associative ou tout simplement au travail (lors de réunion, ou de projets d’équipes). Le collectif est amélioré par les compétences apportées par chaque personne et la compétence de chacun est sublimée par le fait que le groupe soit soudé.

Ce niveau se caractérise par :

  • un Tout émergeant : l’équipe ou le groupe a un caractère, un style comme si les membres ne faisaient plus qu’un
  • un espace « holoptique » : perception « invisible » en temps réel de chaque membre de ce qui se passe dans le groupe
  • un contrat social ou de valeur
  • une réactualisation permanente des relations entre les membres
  • un objet-lien en circulation, comme un ballon en football, représentant la convergence des individualités vers un objectif – matériel ou symbolique – collectivement poursuivi
  • une organisation apprenante
  • une économie du don : on donne d’abord, on reçoit ensuite une fois que le collectif a gagné en richesse ; en effet, être le meilleur dans une équipe qui perd ne procure pas de satisfaction !

Deux limitations indéniables sont toutefois un frein à l’IC originelle : numérique et spatiale. En gros, le nombre d’individus ne peut être trop grand sans causer de problèmes d’interaction efficace : toujours en sport collectif, un effectif pléthorique provoque très souvent des malentendus et ils doivent toujours se trouver dans un environnement physique proche.

2. L’intelligence collective pyramidale

Intelligence collective pyramidale

Noubel la relie aux évolutions historiques : de la création de l’écriture aux évolutions technologiques des derniers siècles en passant par le développement des grandes civilisations. Communication, circulation du message, recensement et « étiquetage » de chaque homme, commerce, etc.

L’Humanité s’est mise en place et s’est développée jusqu’à aujourd’hui en appliquant ce type d’IC pyramidale, respectant les principes de :

  • division du travail : à chacun son rôle dans une hiérarchie bien définie
  • autorité : qu’elle soit sociale, par filiation, par ancienneté, due aux qualifications, etc.
  • normes et standards : sous forme de langage, de lois ou de composants matériels
  • monnaie rare : valeur de change et de réserve, sa rareté est sciemment entretenue pour valider les principes d’intelligence artificielle pyramidale

Nous retrouvons les limites de ce type d’intelligence dans ses principes fondamentaux car la hiérarchie définie par la division du travail ne peut être modifiée. L’autorité est dans la main de minorités dirigeantes (souvent en conflit avec les dirigés) ; les normes et standards sont soit trop floues, soit trop rigides et la rareté de l’argent engendre des compétitions qui ne favorisent pas la collaboration.

3. L’intelligence collective en essaim

Elle est basée sur le comportement des insectes sociaux, qui, alors que chaque insecte est « simple » ou « programmé génétiquement », réussit à engendrer un collectif particulièrement intelligent, s’adaptant parfaitement à son environnement.

Intelligence-collective-en-essaim

C’est un système aveugle ou chaque individualité n’a pas de perception de l’entité émergente ou des attitudes des autres membres. Le domaine de l’économie serait, dans l’Humanité, celui où se manifesterait l’intelligence collective en essaim. En effet, chaque paiement ou transaction financière effectuée simplement s’intègre dans un système monétaire macroscopique, dont nous n’avons aucune visibilité.

La principale limite de ce type d’intelligence en essaim est le risque d’uniformité des membres. Comme les fourmis, les individus sont indifférenciés et les anonymes parmi la multitude d’autres anonymes sont facilement « sacrifiables » et remplaçables. Or chaque être humain est unique et la différenciation est une valeur fondamentale et garant de l’équilibre de l’Humanité.

Pour une évolution vers l’intelligence collective globale

Intelligence-collective-globale

En essayant de contourner les limitations des 3 niveaux d’intelligence abordés plus haut et surtout en se basant sur les principes de l’intelligence collective originelle, l’on peut évoluer vers une intelligence collective globale, plus performante. Ceci est possible en ajoutant de nouveaux principes tels une valeur monétaire suffisante, un développement personnel de l’individu, ou encore un système d’information interconnectée avec le cyberespace, etc.

Intelligence collective appliquée à l’innovation

L’émergence des nouvelles technologies de l’information, d’Internet et du Web sémantique joue un rôle majeur à partir du 21e siècle pour promouvoir l’intelligence collective globale qui s’apparente déjà à une intelligence collective sur Internet, que d’aucuns appellent le réseau cérébrale planétaire. En effet, de nombreuses applications des principes d’intelligence collective, de travail collaboratif, ou encore de démocratie participative ont émergé grâce à Internet :

  • Les plateformes de partages, de collaboration, d’innovation, d’idéation : que ce soit dans le domaine économique, politique, humanitaire, sociétal, via Internet ou pas (forums ouverts, hackathon, etc.)
  • Wikipédia et autres encyclopédies libres,
  • Google et les moteurs de recherche,
  • Les blogs, arbres de connaissances, tutoriels, How to, etc.
  • Les jeux (vidéo) de rôle multi-joueurs en ligne (MMORPG en anglais),
  • Les réseaux sociaux, Twitter et les hashtags.

Intelligence collective en entreprise, ouvrir la boîte à idées

Aujourd’hui dans le monde entrepreneurial, les principes de synergie et de travail collaboratif sont une forme d’intelligence collective. C’est devenu un moyen de développer la créativité et d’amener vers l’innovation. Il est possible d’avoir un cadre d’intelligence collective impliquant tous les intervenants de la société, et pas uniquement les dirigeants ou la recherche et développement. Là encore, les outils sont à disposition pour une entreprise de créer une forme d’intelligence collective afin de stimuler l’innovation en son sein :

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Business-Model-Canvas&Lean-Canvas

Innover avec un business model

« Innover, c’est facile. La difficulté, c’est de transformer une innovation en vrai business. »
Michael Dell, fondateur de Dell

En d’autres termes, c’est bien beau d’innover, mais si cette innovation n’est pas profitable et ne vous rapporte pas de revenus, ça ne sert à rien ! Il faut donc une organisation et un modèle économique autour ce produit innovant ; et c’est dans cette optique que l’on vous parle aujourd’hui du Business Model Canvas et du Lean Canvas.

Business Model

Innover, c’est facile ?

Vous l’avez peut-être remarqué, nous parlons beaucoup d’innovation sur notre blog. Nous vous expliquons comment développer votre créativité et vous engager dans un processus d’innovation. Il en ressort que, toute entreprise – et tout le monde est capable d’innover. C’est vrai, mais il ne s’agit pas de créer dans son coin et d’être content de son innovation, sans qu’elle ne rapporte rien. Tout concept innovant se doit d’apporter une valeur ajoutée à la société, et surtout d’augmenter votre chiffre d’affaires et vos profits.

C’est dans ce sens qu’il est impératif de tracer le business model (ou modèle économique) liée à cette innovation. Et c’est là que les concepts de Business Model Canvas et Lean Canvas vous seront utiles. En fait ce sont là, d’une part, des outils similaires car ils visent un objectif commun qui est de définir le modèle économique de l’innovation que vous souhaitez mettre sur le marché.

D’autre part, ce sont deux méthodes complètement différentes car leur modélisation se focalise sur des facteurs distincts. En effet, le Business Model Canvas analyse la viabilité globale du produit pendant que le Lean Canvas valide la commercialisation de ce produit.

Qu’est ce que le Business Model Canvas?

SeeMy-Business-Model-Canvas-template

C’est un outil imaginé par le suisse Alexander Osterwalder, consultant en business et management, auteur et consignataire d’un livre en collaboration avec son directeur de thèse, le belge Yves Pigneur, à l’université de Lausanne (Suisse), Business Model Generation, 2008. Il a mis au point cette matrice à neuf composantes afin de formaliser à vue d’œil l’ensemble des éléments entrant en ligne de compte dans le processus d’innovation, en une seule page !

Le Business Model Canvas dresse un état des lieux synthétique du modèle économique d’une entreprise ou d’un projet d’innovation. Ainsi, dans un tableau à neuf blocs, vous pouvez voir votre business plan de neuf perspectives distinctes, mais non moins complémentaires :

  • Segments de la clientèle : Quels sont les clients potentiels ? Quels sont leurs besoins et leurs ressentis ? Qui sont les clients les plus importants ? Ce bloc permet de définir clairement la clientèle cible, ceux qui vont payer pour pouvoir consommer votre produit ou utiliser votre service innovant, à savoir si vous vous adressez à une clientèle de niche, un marché de masse ou une population variée…
  • Propositions de valeur : Qu’est ce que vous apportez au consommateur ? A quels besoins client répondez-vous ? Quelle est la valeur ajoutée de l’innovation ? Ici, vous évaluez l’apport qualitatif et quantitatif de votre produit. Ce sont les points forts et les plus de votre produit, susceptibles de provoquer l’effet « Wow » chez vos clients.
  • Canaux : Via quels canaux allez-vous promouvoir votre innovation ? Quels sont les plus rentables ? Les plus efficaces ? Il faut prendre en considération les canaux qui s’intègrent le mieux à votre produit et à vos clients. Cela permet de décider comment le produit sera vendu et acheminé au client final.
  • Relation client : Comment interagirez- vous avec vos clients ? Quels types de relation pour chaque segment de clientèle ? Via quels supports ? Ce bloc répertorie les moyens à utiliser pour communiquer avec vos clients, les fidéliser et répondre à leurs demandes. Là encore, en fonction de la clientèle cible, vous choisirez le meilleur support (email, assistance en ligne 7/7j, téléphone, magasins, etc. ?).
  • Sources de revenus : Pour quels services ou avantages complémentaires paieront vos clients ? Quelle sera votre méthode de commercialisation (vente direct, abonnement, forfait, prix fixes, …) ? Pour faire simple, vous énumérez tous les flux de rentrée d’argent possibles pour votre innovation et comment souhaitez-vous gérer le mécanisme des prix et de sa commercialisation ?
  • Ressources clés : Quelles sont les différentes ressources (humaines, financières ou matérielles) nécessaires au lancement de votre projet ? Cette composante reprend toutes les ressources indispensables au fonctionnement de votre produit ou service, celles sans lesquelles, vous ne pourrez pas  » faire tourner » votre business.
  • Activités clés : Quelles sont concrètement les activités indispensables au projet ? Quelles sont les plus importantes pour les autres composantes du business model canevas ? Il s’agit d’évaluer l’impact des activités inhérentes à votre entreprise et de mettre en avant les activités indissociables de votre produit.
  • Partenariats clés : Qui sont vos partenaires stratégiques et pourquoi en avez-vous besoin ?
    Dans ce bloc, vous jugez de la pertinence de travailler avec tel fournisseur ou tel sous-traitant. Vous décidez des critères de construction de votre réseau, du bien fondé des alliances avec la concurrence…
  • Structure des coûts : Qu’est-ce qui coûte cher à l’entreprise ? Quels sont les principaux coûts et dépenses ? Sont-ils variables ou fixes ? Cette composante aide à calculer tous les coûts liés à votre projet d’innovation, ceux intrinsèques à votre entreprise, les plus importants, etc. Cela vous aidera notamment à comprendre si votre business model est axé sur les coûts ou sur la valeur.

Exemple pratique : le business model canvas de Skype

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Source : Businessmodelinc.com

Le Lean Canvas d’Ash Maurya

SeeMy-Lean-Canvas-template

Même si certains le confondent avec le Business Model Canvas, le Lean Canvas est un outil à part, inspiré il est vrai par le premier. Son créateur, Ash Maurya, entrepreneur et consultant américain, reconnaît avoir adapté le canevas du suisse Osterwalder aux principes du Lean Startup (approche spécifique de démarrage d’activité économique et de lancement de produit).

Le Lean Canvas de Ash Maurya propose des hypothèses relatives au business model de l’entreprise, en rajoutant les problèmes (et donc les solutions potentielles) qui émaneront du projet d’innovation. Sa nouvelle matrice garde les neuf cases, mais sépare le produit en lui-même du marché dans lequel évoluera l’entreprise dans des blocs parallèles.

Produit

  • Problème (top 3 des problèmes utilisateurs à résoudre). Identifiez également les alternatives existantes.
  • Solution (top 3 des fonctionnalités de votre produit résolvant le problème)
  • Indicateurs clés : statistiques et autres mesures de progrès du produit
  • Structures de coûts
  • Proposition de valeur unique (UVP) qui doit aboutir à un concept de haut niveau à mettre sur le marché

Product_Market

Marché

  • Segments de clients. Prenez également en considération les « early adopters » ou « premiers utilisateurs, bêta testeurs ».
  • Avantage concurrentiel de votre produit (ce qui ne sera pas facilement copié par les autres)
  • Canaux de distribution
  • Sources de revenus et de gains.

Le Lean Canvas se veut être une approche moins générique et beaucoup plus orientée entrepreneurs et startups là où le Business Model Canvas s’adresserait plus aux entreprises et aux stratégies de management et de marketing.

Business Model Canvas vs Lean Canvas : ce qu’il faut savoir

Attention! Le but, ici, n’est ni d’opposer les deux outils, ni de dire lequel est le meilleur, mais de vous présenter les subtilités de chaque matrice. Le site canvanizer.com (en anglais) spécialisé en téléchargement de matrices et de canevas de gestion de projets ou de business plan donne d’ailleurs dans le tableau ci-dessous une idée plus claire des différences entre le Business Model Canvas et le Lean canvas.

Lean-Canvas-vs-Business-Model-Canvas

A vous de juger et de choisir lequel de ces deux canevas est le plus adapté à votre business model. Ce qu’il faut retenir principalement de ces deux outils, c’est vous donne sur une page, un aperçu synthétique du modèle économique de votre innovation. Alors, vous êtes plutôt Business Model Canvas ou Lean Canvas ?

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L’idéation et la créativité au service de l’innovation !

« Trouvez de bonnes idées et soyez innovant ! » Voilà une phrase que l’on entend assez souvent, mais que beaucoup ne savent toujours pas comment prendre. En effet de nos jours, tout le monde cherche à innover puisque c’est le meilleur moyen de rester compétitif ou mieux encore, de distancer ses concurrents. Toutefois, cela n’est pas toujours facile, et ce, malgré les nombreuses méthodes et techniques qui ont déjà été proposées.

Parmi les plus fréquemment évoquées et utilisées, on peut citer à titre d’exemple la technique de la fleur de lotus, la technique de concassage SCAMPER, le Dodécaèdre de Roger Von Oech, la méthode des 6 chapeaux de Bono, le Brainstorming et bien d’autres encore. Bien que ces différentes techniques soient dans l’ensemble très efficaces, force est de constater que beaucoup d’entre nous ont encore du mal à bien les appréhender et à les appliquer comme il faut. C’est la raison pour laquelle nous vous proposons dans cet article de repartir à la source et de redécouvrir les principes de l’idéation et de la créativité, deux concepts essentiels et qui doivent être considérés dans tout processus d’innovation. Avant de rentrer dans le vif du sujet, commençons tout d’abord par définir ces deux concepts.

L’idéation, c’est quoi ?

John_Stuart_Mill_by_London_Stereoscopic_Company,_c1870
John Stuart Mill

Comme vous avez dû vous en apercevoir, le terme « idéation » a comme racine le mot « idée ». Ce dernier est ici appréhendé comme l’élément de base de la pensée. Elle peut être sensorielle, concrète ou encore abstraite en fonction de notre mode d’appréhension.

Néanmoins, il est bon de préciser ici que telle n’est pas la vraie origine du mot idéation. En effet, ce terme est un anglicisme tiré du mot « ideation », lequel a été inventé par le philosophe, logicien et économiste britannique John Stuart Mill.

L’idéation est avant tout un processus créatif ! C’est le processus qui est à l’œuvre dans la création, la production, le développement et la communication de nouvelles idées. Dans la pratique, elle consiste surtout en la génération, l’évaluation et le tri d’idées. Dans ce cas de figure, l’idéation doit passer par trois étapes essentielles.

La première consiste à explorer un espace de solutions larges et de dépasser toutes les limites possibles. Le but est ici de générer un maximum de nouvelles idées d’une grande diversité. Une fois cela fait, il faudra ensuite évaluer ces idées et en concevoir des prototypes à tester auprès des utilisateurs. C’est seulement après que doit intervenir le tri afin de retenir les idées jugées innovantes et réalisables.

Idéation et créativité : ce qu’il faut retenir

Tel que nous l’avons suggéré plus haut, l’idéation se présente comme un processus créatif. En d’autres termes, il s’agit d’une étape incontournable par laquelle on doit nécessairement passer pour se lancer dans l’innovation.

Par ailleurs, si nous nous focalisons beaucoup plus sur le concept de « créativité », il est avant tout à retenir que ce terme est un calque de l’américain « creativity« . Ce mot a été inventé dans les années 40 et il a été utilisé pour la première fois en France dans les années 50 par certains psychologues et psychanalystes.

De manière générale et plutôt simpliste, la créativité est définie comme la capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer et appliquer un concept neuf. Toutefois, une fois que ce terme a commencé à entrer dans le langage courant, beaucoup lui ont donné leur propre définition.

Henri Piéron
Henri Piéron

À titre d’exemples, on peut citer celle de Henri Piéron, dans son ouvrage Vocabulaire de la Psychologie, PUF, 1954, qui la définit comme une « Fonction inventive, d’imagination créatrice, dissociée de l’intelligence, que l’on explore avec divers tests spéciaux (comme de trouver le plus de solutions possibles à certains problèmes) et qui n’a avec les QI classiques que de faibles corrélations ».

Pour, le Trésor de la langue française informatisé, il s’agit quant à lui de la « Capacité, pouvoir qu’a un individu de créer, c’est-à-dire d’imaginer et de réaliser quelque chose de nouveau, et en particulier, en sociopsychologie (appelée aujourd’hui : psychosociologie et/ou psychologie sociale, les limites sont parfois difficiles à préciser) capacité de découvrir une solution nouvelle, originale, à un problème donné. »

Enfin, à partir de toutes ces définitions, il existe aujourd’hui différents types de créativité en fonction du domaine dans lequel elle est appliquée. Ainsi, il y a ce que l’on appelle la créativité artistique, la créativité de design, la créativité scientifique, la créativité stratégique, la créativité sociale, la créativité organisationnelle, la créativité littéraire, la créativité mathématique et bien d’autres encore. Tout cela pour dire que la créativité intègre de nos jours tous les domaines de la vie sociale et économique et qu’elle constitue notre meilleure arme pour sortir vainqueur de l’arène à l’intérieur de laquelle on se trouve.

Le processus créatif

Maintenant que vous savez à peu près tout sur l’idéation et la créativité, nous allons les aborder d’un point de vue pratique et analyser ce qu’est réellement le processus créatif. Bien sûr, comme il s’agit d’un processus dynamique, il existe quelques étapes à suivre et nous allons vous les exposer une à une afin que vous puissiez bien les appréhender :

1. La définition du problème

C’est la première chose qu’il convient de faire ! Vous devez absolument définir le problème auquel vous faites face. Pour ce faire, un recadrage successif peut s’avérer nécessaire afin de trouver le résultat ou la solution finale. C’est seulement après que vous pouvez passer à la prochaine étape.

2. La saturation

Maintenant que votre problème vous paraît plus clair et mieux défini, il vous faudra opérer ce que l’on appelle la saturation. Ce que vous devez faire ici, c’est de vous baser sur ce qui existe afin trouver et accumuler toutes les informations disponibles en rapport avec votre problème.

Bien sûr, vous avez de nombreux outils à votre disposition pour cela : Internet, les magazines spécialisés, les conférences, les débats, etc., tout peut vous aider à trouver une idée neuve et originale vous permettant d’innover et de faire mieux que vos concurrents.

3. L’incubation

Une fois que vous avez obtenu toutes les informations dont vous avez besoin, il ne vous reste plus qu’à les digérer et laisser libre cours à votre imagination. Laissez travailler votre cerveau et essayez de faire les liens entre les différents éléments que vous avez en main. N’hésitez pas non plus à les dépasser, cela vous permettra de donner naissance à de nouvelles idées qui peuvent vous mener vers l’innovation tant recherchée.

4. L’illumination

On ne peut pas appeler l’illumination comme une étape à proprement parler. Cependant, comme il s’agit d’un élément très important dans le processus créatif, nous préférons le mettre en exergue ici afin que l’on ne puisse pas l’oublier.

L’illumination intervient quand une solution inattendue nous vient brusquement à l’esprit quand on fait quelques choses de banales (ou pas). Cela apparait le plus souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Toutefois, il faudra être prêt à prendre un support pour la noter et qu’elle ne nous échappe plus.

5. La vérification

Enfin, désormais que l’on a entre les mains de nouvelles idées pour se lancer dans l’innovation, il faudra alors passer à l’acte et vérifier si les idées en question sont efficaces ou non. Aussi, il ne faut pas ici hésiter à faire le nécessaire pour corriger les imperfections et améliorer ainsi ses idées au fil du temps et du processus.

En conclusion, vous savez maintenant tout ce qu’il faut savoir sur l’idéation et la créativité. À tout moment, vous pouvez donc vous servir de ces savoirs pour vous lancer dans l’innovation. Essayez d’appréhender ces concepts comme il faut et appliquez ce processus créatif dans les règles. Les résultats ne vous décevront pas.

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