Tout savoir sur l’Open Innovation

Tout savoir sur l’Open Innovation

 

Ce n’est pas anodin si nous avons très tôt abordé la question du Design Thinking dans nos articles thématiques sur l’innovation. En effet, dès lors que le sujet est lancé, on voit qu’en matière d'innovation il s’agit plus de regarder autour de soi et oser des interactions avec tout type de profils… que de proposer des idées "disruptives" dans l’espoir d’impressionner son auditoire. L’état d’esprit s’avère fondateur dans la mesure où il donne le ton de la démarche et re-situe les priorités des projets.

L'exemple de la conception d'un nouveau modèle de caddie de supermarché évoqué dans un article précédent est une bonne illustration du concept de base de l'Open Innovation (aussi appelé Innovation Ouverte). Il s'agit d'étendre la collaboration à une équipe pluridisciplinaire autour d'un objectif commun et ainsi profiter de l’intelligence collective.

Mais au delà de ça, que recouvre la notion d’ "Open Innovation" ? Et comment est-elle mise à profit dans les grands groupes tels que Procter&Gamble, Schneider Electric, Dell, Philips ou Xerox ?

 

Qu’est ce que l’Open Innovation ?

 

 

openinnovation

Innovation fermée


openinnovation2

Innovation ouverte

 

L’Innovation ouverte est le recours volontaire aux flux entrants et sortants de savoirs pour, respectivement, accélérer l’innovation interne, et développer les marchés pour un usage externe de l’innovation. Ce paradigme suppose que les entreprises peuvent et doivent accueillir des idées externes aussi bien qu’internes, et considérer des chemins internes et externes vers le marché, puisqu’ils envisagent de faire progresser leur technologie.”

Henry Chesbrough, Open Innovation: Researching a New Paradigm (2006)

 

Bien qu’il ne s’agisse pas de la première définition d’Henry Chesbrough, professeur et directeur du Center for Open Innovation à Berkeley, celle-ci représente son explication la plus complète. Les problématiques de mouvements internes et externes ("outside-in" et "inside-out") sont mises en avant.

Le terme "outside-in" implique d’internaliser des compétences externes pour développer l’innovation dans son entreprise tandis que la notion d'"inside-out", au contraire, considère l’externalisation et le partage de ses connaissances. Ces deux types de mouvements peuvent être appliqués indépendamment ou se combiner dans le cadre de l’Open Innovation. Dans les deux cas la communauté s’enrichit du partage des projets de chacun.

 

Comment allier collaborations "outside-in" et "inside-out" dans une stratégie d'Innovation Ouverte ?

De nombreuses possibilités existent quant aux collaborations “outside-in” et “inside-out”.

L’"outside-in" se définie comme l'ouverture à des compétences extérieures.
Cette ouverture s’illustre de rapprochements avec différents types d’acteurs :

  • les universités et laboratoires de recherche,
  • les startups et incubateurs,
  • les clients,
  • les partenaires externes.

 

De son côté l' "inside-out" valorise la propriété intellectuelle de l'entreprise à l'extérieur.

L'entreprise employant cette méthode peut décider de créer des structures détachées de l’entreprise, pour développer un produit qui diffère de la stratégie actuelle tout en utilisant des ressources existantes au sein de l'entité mère.
C’est ainsi que sont nées Adobe et 3com par exemple. Ces deux "spin-offs" issus de PARC, l’institut de recherche de Xerox à Palo Alto, répondent à plusieurs problématiques. Elles permettent à l'entreprise de se focaliser sur son coeur de métier tout en boostant sa croissance. Échappant aux contraintes du Groupe, elles sont également l’occasion de développer des produits ou technologies qui n'auraient pas vu le jour chez Xerox.

Aussi, la mise à disposition de ses ressources en Recherche & Développement participe de cette approche "inside-out". À ce titre, nous pouvons citer l’initiative de Philips, ayant ouvert son centre de R&D, installé aux Pays-Bas, à des prestataires extérieurs et chercheurs.

Une image vaut mille mots, voici donc un schéma explicatif :

Capture d’écran 2016-03-22 à 11.24.54

Zoom sur l'axe "outside-in" de l'Open Innovation

Pendant des années, le modèle d’innovation des entreprises était fermé et centré sur elles-mêmes. L’émergence de plus en plus forte de profils diplômés, disponibles, mobiles et emportant avec eux leurs savoirs dans les différentes sociétés dans lesquels ils pouvaient s’investir, a participé à l’ouverture des entreprises vers l’extérieur.

De ce fait, le cloisonnement n’est plus de mise et les entreprises se rendent compte des bienfaits du "corporate venturing" ou des partenariats avec des entrepreneurs, pour ne citer que deux des modalités d’expression de l’Open Innovation, définies par Martin Duval et Klaus-Peter Speidel dans leur ouvrage Open innovation : Développez une culture ouverte et collaborative pour mieux innover. Pour autant, ce nouveau mode de management de l’innovation n’apparaît véritablement que dans les années 2000.

Le rôle des clients dans la stratégie d'Open innovation

La participation des clients se révèle de plus en plus au coeur de la stratégie des groupes, en terme de management de l’innovation.
Conscients des bénéfices d’impliquer leurs consommateurs / clients, les entreprises n’hésitent plus à les solliciter pour recueillir aussi bien leurs retours que leurs idées.
Avec sa plateforme Ideastorm, Dell invite tout un chacun à participer à la génération d’idées ou à soumettre ses retours d’expérience.

Le rôle des partenaires externes dans la stratégie d'Open innovation

À son lancement, le programme “Connect+Develop” de Procter&Gamble présentait son approche globale concernant sa stratégie d’Open Innovation. En effet, la plateforme ne se contentait pas d’un axe "inside-out" ou "outside-in", elle mettait en valeur la possibilité de donner et de recevoir.
Les prestataires à la recherche de technologies à acquérir, les fournisseurs souhaitant proposer leurs services, ainsi que les "créatifs", se retrouvaient sur cette même plateforme pour collaborer et échanger avec le Groupe.

Autre exemple, le challenge lancé par Schneider Electric & Vertical Innovation. Nommé Open Innovation Club, il consiste en un rapprochement entre le groupe et des startups.

 

schneider-open-innovation-club-challenge

Ouvert de Septembre à Octobre 2014, ce défi mettait en concurrence les idées de différentes startups afin de proposer des solutions pour l’habitat, autour de 3 thèmes : la sécurité, la communication et l’énergie. Sur une centaine de projets soumis, douze ont été sélectionnés pour être présentés au Comité de Direction France de Schneider Electric.

Cette démarche d’innovation est renforcée par l’attrait des grands groupes pour la flexibilité des startups. Éloignées des processus standards de production, elles permettent ainsi d’optimiser le time-to-market, et capter les tendances de leur veille technologique.

Et les collaborateurs dans tout ça ?

Le challenge lancé par Schneider Electric & Vertical Innovation ne s'arrête pas à la collaboration avec des startups. Au-delà des compétences importées, le groupe ne conçoit cette démarche d’innovation sans l’implication de ses collaborateurs. En effet, ils ont été associés aux projets les plus pertinents suivants leurs spécialités, et ce afin qu’ils suivent la conception, l’évolution et la mise sur le marché de ces nouveaux produits souhaités pour 2015.

D'autres entreprises telles qu'Adobe, Areva ou British Airways (pour ne citer qu'elles) s'appuient sur l'ensemble des équipes, et retirent d'importants bénéfices de l'intelligence collective.

 

Nous nous sommes davantage focalisés sur les "flux entrants" de l’Open Innovation, c’est-à-dire l’intégration de compétences dans les grandes entreprises.
Comme nous l’avons abordé succinctement, n’oublions pas toutefois les "flux sortants", ces éléments mis à disposition par les entreprises. Nous avons cité les grands projets tels que la mise à disposition des ressources en R&D, mais des éléments tels que les SDK (Software Development Kit, Kit de développement en français), participent à ces initiatives, en permettant aux développeurs d’intégrer une technologie ou de faciliter son développement.
A titre d’exemple, le SDK de Facebook offre aux développeurs toutes les informations nécessaires à la conception d’une application.

De la même façon, les partenariats ne concernent pas uniquement le monde professionnel : des programmes universitaires sont invités à s’associer à des démarches d’innovation.
Ainsi, lorsque nous abordons la question de l’Open Innovation, l’ensemble des acteurs d’un même secteur est à même d’apporter sa pierre à l’édifice.
L’émergence d’idées innovantes provient alors de la pertinence des partenariats noués, de l’ouverture d’esprit des collaborateurs à intégrer des profils différents sur les projets, et de la volonté de l’ensemble des acteurs à créer des solutions.

Pauline Zerbib

Découvrez également :

 

 

 

 

Vous souhaitez innover ?

Recevez des conseils, des méthodes et des outils pour booster votre créativité et innover !

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle de l'innovation !

Merci d'entrer votre email ci-dessous :


Abonnez-vous à la newsletter de l'innovation !