Fabriquer son produit de ses propres mains… une ambition devenue réalité grâce aux Fab Labs ?

Fabriquer son produit de ses propres mains… une ambition devenue réalité grâce aux Fab Labs ?

 

Ces dernières semaines, nous nous sommes essentiellement attachés aux méthodologies et process d’innovation. Et ce, notamment avec le lean management et le design thinking.

Au-delà des principes d’optimisation de la production ou de développement de la créativité, nous avons pu mettre l’accent sur le prototypage, une étape indispensable dès lors qu’il s’agit de développer un nouveau service ou produit.

En effet, celle-ci donne l’occasion à vos équipes non seulement de tester les projets mais également de les appréhender, de les concevoir « physiquement ». Ils sont ainsi en mesure d’envisager et de mieux comprendre les comportements de vos clients.

Il existe bon nombre de méthodes de prototypage, de la plus élémentaire - de simples post-it, aux plus évoluées - impliquant le recours à des outils de fabrication tels que des imprimantes 3D ou des découpes laser. Mises à disposition dans des ateliers de fabrication numérique, ces machines sont accessibles à tout un chacun : grand public, salariés, chercheurs, enfants, artistes, artisans, startups…

Décryptage de ces lieux insolites où tout type de projets et publics se rencontrent.

 

Fab Lab hébergé à la Waag Society - Amsterdam

Fab Lab hébergé à la Waag Society - Amsterdam 

 

La philosophie Makers au coeur de ces laboratoires

Une fois n’est pas coutume : revenons sur les origines de ces ateliers de fabrication pour mieux en percevoir les spécificités.

Dès lors que nous abordons le sujet, nous ne pouvons trop attendre avant de lancer la dénomination « fab lab ». Contraction de Fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication » en français, les fab labs correspondent à ces ateliers de fabrication numérique sans pour autant en constituer la majorité.

A l’origine de ce concept : Neil Gershenfeld, professeur et directeur du Center for Bits and Atoms au MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Lors de son intervention à la conférence TED en 2006, il revient sur les prémisses de ces laboratoires et la mise en place de 2 de ses cours au MIT, 5 ans plus tôt :

  • « How To Make (Almost ) Anything », en français, « Comment fabriquer (presque) n’importe quoi »,
  • « How To Make Something That Makes (Almost) Anything », en français, « Comment fabriquer quelque chose qui fabriquera (presque) n’importe quoi ».

En effet, après la constitution d’un laboratoire équipé de différentes machines, et devant le temps passé à former ses étudiants sur la manipulation de ces machines, Neil Gershenfeld eut l’idée de proposer des cours dédiés sur le sujet. Alors qu’il s’attendait à enseigner à une poignée de chercheurs, de nombreux étudiants exprimaient leur volonté de participer à ces modules de cours.

Nous percevons ici l’état d’esprit de la culture Makers, elle-même issue du mouvement DIY, Do It Yourself (littéralement “Faites-le vous-même” en français). D’aucuns s’accorderont sur le fait que cette culture préexistaient à l’avènement d’Internet et de l’open source et illustreront leur propos du cas “Steve Jobs”. En effet, de sa passion pour l’électronique et de son implication au Homebrew Computer Club en résulteront la naissance d’Apple.

Cela étant, les Makers ont été propulsés par la technologie, puisque les moyens de communication et de partage ont été accrus.

 

Chris Anderson, dans son ouvrage Makers : La nouvelle révolution industrielle, définit ainsi ce mouvement en 3 points :

  • Le recours à des outils de bureau numérique pour la conception des modèles de nouveaux produits et la réalisation de leurs prototypes,
  • La mise à disposition des modèles à l’ensemble de la communauté et le développement accru de la communication entre les membres,
  • L’utilisation de formats de fichiers courants.

De ces 3 grands principes, il est d’autant plus aisé de comprendre le lien entre les Makers et les Fab Labs, ces derniers constituant le lieu privilégié de fabrication.

Création d’une communauté, partage, révision du concept de propriété intellectuelle… représentent les lignes directrices en vigueur dans ces Fab Labs. Toutefois, comme nous le mentionnions ci-dessus, ils ne constituent qu’un seul type d’atelier de fabrication numérique.

 

Les ateliers de fabrication numérique en France

Les premiers ateliers font leur apparition assez tardivement en France entre 2009 et 2010, et font preuve d’un développement relativement lent à leurs débuts.

On dénombre aujourd’hui plus de 3000 ateliers dans le monde.

La Direction Générale des Entreprises ouvre son rapport d’étude, État des lieux et typologie des ateliers de fabrication numérique (réalisé en avril 2014), sur une attention portée à la dénomination de ces lieux. Le schéma présenté illustre les rapports entre DIY, Makers et Makerspaces.

Extrait de Bottolier

 

Ainsi, malgré leurs points de convergence liés à leur culture commune, ces ateliers se différencient notamment par :

  • les porteurs de projet : entreprises, associations…
  • leurs objectifs : grand public, innovation, art…
  • leur politique quant à la propriété intellectuelle, avec l’utilisation de logiciels propriétaires, libres ou open source,
  • leur communauté.

 

Pour illustrer davantage ces points, voici 2 exemples :

Les porteurs de projet

Nés dans le milieu universitaire, il est pourtant intéressant de nous rendre compte de leur éclosion dans les milieux associatifs, avec 46% de projets portés par des associations, et les milieux professionnels, avec 24% portés par des entreprises privés.

Les objectifs de ces ateliers

Par ailleurs, les objectifs sont relativement hétérogènes et font écho aux principes de ces lieux qui se veulent digne de l’open innovation avec des lieux ouverts aux publics.

Voici le résultat de l’enquête mené par la Direction Générale des Entreprises, concernant la question des objectifs :

Objectifs Fablab

 

Etude de cas : Artilect, le Fab Lab toulousain

L’Artilect Fab Lab de Toulouse représente d’une certaine manière les origines de ces ateliers en France, dans la mesure où :

  • il s’agit du 1er atelier français à être labelisé Fab Lab, avec la certification du MIT, en 2010,
  • il investit dans la 1ère imprimante 3D, et met à disposition de ses 800 membres de nombreux outils de prototypage rapide (découpe laser, fraiseuse, imprimante 3D…).
  • il organise de nombreux événements, workshops et a mis en place un partenariat avec l’Ecole d’Architecture de Toulouse (ENSA) dans le cadre d’une formation sur la fabrication numérique.
  • les domaines d’expertise ne sont pas spécifiques et peuvent toucher la robotique comme l’architecture, le design ou encore la biologie.

 

Découpe laser - Trotec Speedy 500  Imprimante 3D - Makerbot Replicator 5th

Découpe laser - Trotec Speedy 500            Imprimante 3D - Makerbot Replicator 5th

Fraiseuse Numérique 3 axes - Makko M1070 KU         Découpe Vinyle - Roland CAMM1-GS24E

Fraiseuse Numérique 3 axes - Makko M1070 KU      Découpe Vinyle - Roland CAMM1-GS24E

 

En tant que Fab Lab, il respecte la charte définie par le MIT, articulée autour de :

  • leur mission : un réseau mondial de laboratoires locaux mettant à disposition des machines de fabrication numérique, porté par les valeurs de collaboration, formation, transmission des expériences et des savoirs, et de partage.
  • leurs responsabilités, et notamment au sujet de la sécurité, propreté et continuité.
  • la propriété intellectuelle : les questions commerciales liées aux productions sont envisageables tant qu’elles ne remettent pas en cause le partage et la formation des autres membres de la communauté.

 

Les Fab Labs, et plus globalement ces laboratoires de fabrication, labellisés ou non du MIT, représentent un des leviers d’innovation des entreprises mais aussi de développement de la créativité de tout un chacun. En adoptant la culture de partage des makers et de l’open source, ils s’inscrivent dans une forte dynamique pour booster les innovations et ainsi l’économie. La question de la propriété intelligente reste néanmoins toujours un sujet à part entière. Dans quelle mesure une entreprise est-elle capable de former des individus extérieurs à sa société sur ses propres recherches et réflexions ?

Pauline Zerbib

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