Comment favoriser l’innovation au sein de votre entreprise ?

Comment favoriser l’innovation au sein de votre entreprise ?

 

L’innovation représente un des vecteurs majeurs pour une entreprise de se distinguer sur un marché économique plus que concurrentiel. Nous ne nous étonnerons donc pas que tous les grands groupes, d’Orange à Areva en passant par Pernod-Ricard, disposent de leur département « innovation ».

En revanche, là où nous pouvons nous arrêter un instant, c’est sur la stratégie d’innovation de ces groupes. C’est-à-dire leur positionnement, leurs actions et leurs ambitions pour atteindre ce marché.

Qu’il s’agisse de la constitution d’une équipe dédiée au sein de l’entreprise ou du rapprochement avec des startups, l’enjeu se situe davantage sur la mise en place d’une véritable culture d’entreprise autour de l’innovation. En effet c’est bien la culture d’entreprise qui engendrera des résultats positifs quant à la démarche d’innovation.

Comment devez-vous adapter la culture d’entreprise pour y intégrer toutes les composantes nécessaires aux projets d’innovation ? Quelles sont les méthodes de développement de la créativité ?

 

1. Innovation & culture d’entreprise

Fédérer vos équipes autour des valeurs liées à l’innovation représente le premier objectif à atteindre. Au-delà des postes et responsabilités, chaque salarié se doit d’être impliqué dans une culture plus globale, transverse à son propre rôle, celle de l’entreprise.

Il ne s’agit plus de s’investir dans une entreprise sur un poste de Chef produit ou d’Ingénieur, mais bien de participer à l’effort collectif pour développer des innovations. Et ce, afin que l’entreprise se distingue sur son marché.

Deux clés sont nécessaires dans cette démarche : la connaissance et l’intelligence collective.

L’intelligence collective part du postulat que nous sommes plus “intelligents” en groupe que seul. C’est ainsi que la création de communautés au sein de l’entreprise devient indispensable. Par communautés, nous entendons des groupes d’individus rassemblés autour de valeurs ou d’intérêts communs. L’enjeu principal se porte ainsi sur l’animation de ces communautés, aussi bien dans la sphère virtuelle que réelle.

 

Big idea

 

La sphère virtuelle pourra être matérialisée par un réseau social d’entreprise dédié à l'innovation, où chaque collaborateur sera invité à :

  • participer à des forums de discussion sur des problématiques identifiées,

  • partager sa veille (technologique, concurrentielle, client, tendancielle... )

  • se tenir informé de la vie de l’entreprise mais également de celle de son secteur d’activité.

 

Le réseau visera prioritairement à tisser des liens au sein du groupe, mélanger les employés - au-delà de leurs projets ou de leurs métiers - générer des interactions, faire émerger des idées mais surtout des envies.

Un des principaux avantages de ce support réside dans son caractère numérique puisqu’il pourra s'intégrer facilement dans le planning de chacun et fonctionner sans limite géographique.

Toutefois, le réseau social dédié à l'innovation ne représente qu’un outil dans l’approche globale. Accompagné d’évènements en présentiel, de groupes de travail, de réunions formelles, la cohésion ainsi que l’implication des collaborateurs ne pourront être qu’amplifiées.

Les thématiques abordées pourront être à l’initiative des collaborateurs, bien qu'orientées par un “chef d’orchestre” pour aider aux développements des idées mais aussi pour les canaliser.

Cette démarche s’inspire largement de l’innovation time off de Google, également connu comme les “20%”. En accordant l’équivalent d’une journée complète de travail par semaine dédiée à des projets personnels (bien qu’en lien avec l’activité de l’entreprise), Google fait appel à la motivation intrinsèque de ses employés. Celle qui permettra à vos collaborateurs d’être plus créatifs et plus motivés.

Revenons un instant sur cette notion de motivation intrinsèque, qui vous permettra de mieux élaborer les techniques d’animation de communauté. Théorie fondée par Edward Deci en 1975 puis reprise par Richard Ryan quelques années plus tard, elle repose sur le tryptique “autonomie-compétence-affiliation” :

  • l’autonomie répondant aux besoins du collaborateur de se sentir libre dans ses réalisations,

  • les compétences faisant appel à la satisfaction d’être perçu comme expert de son domaine,

  • l’affiliation nous ramenant à la définition de l’homme comme “animal social”, en quête de connexions, d’interactions, de liens sociaux.

Ainsi, il paraît clair que la constitution de communautés fait écho à la propagation d’une culture de l’innovation.

Et pour enrichir davantage cette culture, vous devez franchir une nouvelle étape : développer la créativité de vos équipes.

 

2. “Everyone Is Creative” (Michael Atavar)

Happy child playing outdoors

Michael Atavar n’est pas le seul à l’affirmer : “Everyone Is Creative”.

En somme, une chose est sûre : tout un chacun est en mesure d’apporter des solutions à des problèmes complexes. Pour ce faire, nous vous avons collecté quelques pistes. Vous devez :

  • sensibiliser vos collaborateurs à la pensée créative

  • favoriser les interactions entre équipes pluridisciplinaires

  • replacer l’humain au centre de tout problème

 

La pensée créative

Entraînez vos esprits, votre cerveau, comme vous le feriez avec votre propre corps. Il s’agit sûrement du premier conseil à donner à quiconque souhaite se lancer sur le sujet !

De simples exercices permettront à votre cerveau de prendre le pli, de se débloquer, de se sentir libre “d’actions et de mouvements”. De ce fait, ces entraînements annihileront toute angoisse de la mauvaise idée. Il peut être même de bon ton de commencer par les mauvaises idées, celles qui nous font honte et nous poussent à refouler tout au fond de notre conscience la moindre idée. En commençant par les mauvaises, nous arrivons à un double bénéfice :

  • créer un esprit d’équipe, une cohésion de groupe, un “lien” émotionnel entre l’ensemble des participants à la session, et ce dans la mesure où nous ôtons tout affect aux propositions émises,

  • générer les “bonnes idées”, si nous nous reportons à l’adage selon lequel les bonnes idées découleraient des mauvaises.

 

Voici quelques exemples de méthodes créatives :

  • Brainstorming : animé par un collaborateur “neutre” en charge d’orchestrer la réunion mais également de prendre des notes, cet atelier de créativité permet aux participants de lancer et de rebondir sur les idées de chacun, en naviguant d’une idée à l’autre avec pour objectif d’aboutir à la solution.
    La carte heuristique (mind mapping) est une des méthodes de représentation visuelle des idées lors d'une séance de brainstorming.

  • Brainwriting : contrairement au brainstorming qui s’organise autour de la parole, le brainwriting - comme son nom l’indique - fonctionne en notant ses idées sur un support. Le principe consiste à échanger les notes de chaque participant afin d’élaborer les idées de chacun.

  • 5 Why’s : cette méthode s’appuie sur un besoin, un problème précis et identifié.

    Pourquoi le client A nous a-t-il remonté ce problème ?
    De cette 1ère question, élaborée à partir d’une analyse existante, vont s’ensuivre 5 questions cherchant à comprendre “pourquoi” : Pourquoi le client a-t-il exprimé un mécontentement ? Parce qu’il a reçu son colis avec 6 jours de retard.Pourquoi le colis est-il arrivé avec 6 jours de retard ? Parce que le système d’information n’a pas remonté la notification de réception du colis à expédier ? Pourquoi le système d’information n’a-t-il pas remonté la notification ? etc.

 

De manière générale, ces séances visent à se servir de l’intelligence collective pour aboutir à une solution que nous n’aurions pu trouver seul.

Et c’est bien là la force de la pluridisciplinarité : aborder une question sous différents axes.

Un ingénieur n’envisagera pas un problème du même angle qu’un marketeur ou qu’un designer. En confrontant vos équipes, vous obtiendrez une vue complète d’un même objet. C’est ainsi que vous vous rapprocherez plus facilement de vos clients finaux. En multipliant les points de vue, vous forcerez vos équipes à considérer non seulement les approches liées à leurs disciplines mais aussi à celles de leurs collègues et plus généralement à réfléchir sur leur cible.

 

L’utilisateur au centre des réflexions

Au-delà même des méthodes et techniques propices au développement de la créativité, il est indispensable d’adopter une posture spécifique. Celle où nous concevons des produits / services pour un client. C’est dans cette perspective que le design thinking peut se définir : pour innover, il ne s’agit pas de créer un objet de rupture mais d’imaginer le produit adapté aux besoins des utilisateurs.

Le process se développe en plusieurs phases, suivant son théoricien. Nous nous fixerons sur celui défini par Tim Brown (CEO d’IDEO) :

  • L’inspiration, correspondant aux besoins identifiés,

  • L’idéation, ou le processus de génération et de mise en place des idées pour répondre à la problématique,

  • L’implémentation, dès lors que le projet sera prêt à être lancé sur le marché.

Les spécificités du design thinking portent sur deux points :

  • l’approche anthropologique, où l’humain représente le centre de toutes les attentions. Les différents outils mis à disposition révèlent fondamentalement cette approche : personas, empathy map, safaris, customer journey map, paper prototyping… sont autant d’outils permettant de mieux comprendre l’utilisateur, ses habitudes, ses ambitions, ses envies. Et ce afin de s’adapter à son quotidien, s’immiscer dans sa vie et lui proposer le produit qui répondra à ses attentes, bien que ces dernières ne soient pas explicitement formulées.

  • la démarche itérative et le recours au prototypage, c’est-à-dire l’abandon de la méthode de gestion classique. Il s’agit ici d’échanger avec les utilisateurs finaux, d’élaborer des idées, les tester et toujours optimiser les produits.
    C’est la raison pour laquelle cette démarche est bien souvent caractérisée de “process de co-création”, les utilisateurs finaux étant intégrés dans la réflexion.

Les premiers prototypes du design thinking ne sont pas nécessairement les plus élaborés. Ils peuvent s’exprimer par des post-its ou des croquis, afin de projeter les concepteurs dans l’utilisation réelle du produit, même si celui-ci n’est qu’à son état le plus simple.

 

Les fablabs

Une fois les étapes préliminaires de conception abouties, direction les fablabs !

Ces espaces - littéralement laboratoires de fabrication - mettent à la disposition de tout un chacun des outils permettant le prototypage des produits. Et ce afin de créer une version bêta du produit. Ces espaces, inspirés des concepts d’open source, cherchent à proposer des services dans un environnement d’ouverture et de collaboration.

Fablab

Fablab

Collaboration, interactions, émulation, tests… autant d’étapes et de clés mettant en marche le processus créatif par lequel vos collaborateurs devront passer pour adopter une démarche d’innovation.

 

Quand il s’agit d’aborder ces méthodes, nombre de techniques peuvent être présentées. Toutes répondant dans leurs grandes lignes à l’envie et à la nécessité des entreprises de se positionner sur des projets innovants.

Pauline Zerbib

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1 commentaire

  1. Judith B Auteur janvier 27, 2016 (7:07 )

    Article hyper intéressant ! Merci

 

 

 

 

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